La Belgique souhaite recourir davantage à l’armée dans la lutte contre le trafic de drogue et le crime organisé


Principaux renseignements

  • La Belgique envisage d’étendre les missions de l’armée pour lutter contre le crime organisé et le trafic de drogue.
  • Les responsables bruxellois préconisent la mise en place d’une phase de crise afin de synchroniser les zones de police et les agences de sécurité.
  • Les décrets administratifs proposés accorderaient à la police des pouvoirs plus étendus pour restreindre les rassemblements publics et fouiller les véhicules.

Le gouvernement belge envisage d’élargir le mandat de l’armée afin qu’elle participe à la lutte contre le crime organisé et le trafic de drogue.

Conseil national de sécurité

À l’issue d’une réunion en ligne du Conseil national de sécurité, le ministre de l’Intérieur, Bernard Quintin, a annoncé que le ministère de la Défense et le ministère de l’Intérieur évaluaient actuellement les meilleures méthodes pour mettre en œuvre cette mesure.

Le ministre Quintin a souligné qu’en cas d’urgence nationale, l’État devait mobiliser toutes les ressources disponibles. Tout en notant que le soutien militaire apporté à la police avait déjà donné des résultats tangibles, il a précisé que tout renforcement des missions de sécurité intérieure ne devait pas compromettre la capacité de l’armée à mener à bien ses missions internationales.

Phase de crise à Bruxelles

Parallèlement, la pression politique s’intensifie à Bruxelles pour faire face à une recrudescence de la violence par arme à feu liée au trafic de stupéfiants. Mathias Vanden Borre, député de la N-VA au Parlement bruxellois, a officiellement demandé au gouvernement régional de déclencher une phase de crise.

Ce faisant, la ville pourrait mettre en place un centre de coordination centralisé afin de synchroniser les efforts entre les six zones de police et les différents organismes de sécurité, à l’image de la structure organisationnelle utilisée lors de la crise des réfugiés ukrainiens.

Selon Vanden Borre, cette évolution permettrait au ministre-président de mettre en œuvre des décrets régionaux uniformes en matière de police. Cette proposition est soutenue par la députée Maaike De Vreese, qui a souligné que des ressources fédérales, notamment des effectifs supplémentaires de police et de l’armée, sont disponibles pour venir en aide à la capitale.

Mesures administratives répressives proposées

La stratégie proposée par la N-VA comprend plusieurs mesures administratives strictes devant être adoptées par décret de police. Ces suggestions consistent notamment à actualiser le plan actuel relatif aux « points chauds » afin d’accorder des pouvoirs plus étendus à la police, à interdire les rassemblements publics dans certaines zones et à mettre en place des interdictions administratives concernant certains lieux.

En outre, elles préconisent de restreindre l’utilisation des vélos électriques et des trottinettes modifiés, de fermer les commerces posant problème et de limiter l’accès aux espaces semi-publics. Parmi les autres mesures recommandées figurent le déploiement de caméras mobiles de reconnaissance automatique des plaques d’immatriculation (ANPR), les fouilles préventives de véhicules et un système obligatoire de partage des renseignements.

Parlement de Bruxelles

Ces questions de sécurité devraient faire l’objet d’un débat plus approfondi mercredi, lorsque le ministre-président Boris Dilliès se présentera devant la commission des affaires intérieures du Parlement bruxellois pour aborder la récente vague de fusillades et l’instabilité liée à la drogue dans la capitale. (fc)

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