Les autorités indiennes démantèlent un réseau illégal utilisant des étiquettes alimentaires contrefaites de marques mondiales


Principaux renseignements

  • Les autorités indiennes ont mis au jour à Mumbai une affaire de fraude dans laquelle les dates de péremption et les valeurs nutritionnelles de marques alimentaires internationales avaient été falsifiées.
  • Les fraudeurs utilisaient des solvants chimiques et des imprimantes spécialisées pour tromper les consommateurs.
  • Les autorités de régulation exhortent les multinationales à mettre en place une surveillance plus stricte de leur chaîne d’approvisionnement afin d’empêcher ce type de tromperie systématique.

Les autorités indiennes ont récemment démantelé à Mumbai un réseau illégal qui falsifiait les dates de péremption et les informations nutritionnelles figurant sur des produits alimentaires de marques connues. C’est ce que rapporte Reuters. Ce réseau ciblait des produits authentiques de grandes entreprises internationales, notamment Unilever, Nestlé, Coca-Cola et PepsiCo, destinés au marché international.

Logistique de la supercherie

L’entrepôt, géré par une société privée appelée Sadhana Enterprises et situé dans la zone industrielle de Navi Mumbai, aurait fourni ses services à 19 entreprises d’exportation peu connues.

Des documents officiels indiquent que l’entrepôt se concentrait sur des produits dont la date de péremption était déjà dépassée ou approchait. En modifiant les dates, les exploitants ont pu exporter des marchandises potentiellement dangereuses, trompant ainsi les consommateurs du monde entier. Bien que les destinations exactes des envois restent inconnues, des indices tels que des étiquettes bilingues en anglais et en français suggèrent qu’ils étaient destinés à l’étranger.

Chaîne de production systématique

À l’intérieur de l’installation, les enquêteurs ont découvert une chaîne de production systématique conçue pour la fraude. L’équipement comprenait des solvants chimiques utilisés pour effacer les marquages d’origine du fabricant, ainsi que des ordinateurs et des imprimantes spécialisées servant à apposer des informations frauduleuses.

Les preuves ont montré que les employés utilisaient un stylet pour saisir de fausses dates, qui étaient ensuite imprimées sur les boîtes et les paquets de produits tels que les nouilles Maggi, les chips Lay’s et les boissons Thums Up. Dans certains cas, les étiquettes portaient même des dates de fabrication s’étendant jusqu’en octobre 2026.

Manipulation des données nutritionnelles

Au-delà de la manipulation des dates, l’opération consistait à modifier les informations nutritionnelles afin de contourner les réglementations sanitaires internationales. Certaines étiquettes étaient modifiées pour réduire la teneur en céréales indiquée ou ajuster le nombre de calories, afin de rendre les produits « fabriqués en Inde » plus acceptables sur les marchés étrangers.

Appels à un contrôle plus strict

Tukaram Mundhe, directeur de l’Agence de contrôle des aliments et des médicaments de l’État, s’est dit choqué par le caractère organisé de ce crime. Bien que l’enquête n’implique pas les marques multinationales elles-mêmes, Mundhe a souligné que les entreprises devaient exercer une surveillance plus stricte sur leurs chaînes d’approvisionnement afin de garantir le respect de la réglementation.

(at)

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