Principaux renseignements
- Le projet de satellite russe « Rassvet » est confronté à des défaillances techniques et orbitales critiques.
- De graves pénuries de capacités de lancement entravent les objectifs d’expansion du Kremlin.
- Les trajectoires à basse altitude épuisent le carburant des satellites et raccourcissent leur durée de vie opérationnelle.
L’ambition de la Russie de mettre en place un concurrent national à Starlink se heurte à des défaillances critiques, ses satellites ayant du mal à maintenir leur altitude ou à atteindre les positions prévues. C’est ce qu’indique un rapport de Numerama.
Malgré un investissement public de 102,8 milliards de roubles (1,1 milliard d’euros) dans l’initiative Rassvet, le projet est en train de capoter. Le Kremlin avait initialement prévu un réseau de 250 satellites d’ici 2027, qui devait finalement être étendu à 900 d’ici 2035.
Contraintes de capacité de lancement
La viabilité logistique du programme est entravée par un manque de capacité de lancement. Pour atteindre l’objectif fixé pour 2027, il faudrait environ 18 missions de fusées Soyouz-2.1b, alors que la Russie ne réalise généralement que six à huit lancements de ce type par an.
Cette vulnérabilité a été exacerbée le 15 août, lorsque les forces ukrainiennes ont pris pour cible le centre spatial Progress à Samara, la seule usine capable de produire les fusées Soyouz-2.1b nécessaires.
Défaillances orbitales critiques
Les données techniques indiquent que les satellites ne fonctionnent pas comme prévu. Alors que les 16 premières unités ont fait preuve d’une certaine stabilité — malgré une défaillance en juin —, un lancement ultérieur en juillet s’est révélé largement infructueux.
Au lieu d’atteindre l’altitude cible de 800 kilomètres, plusieurs satellites sont restés en dessous de 500 kilomètres, certains descendant même en dessous de 400. Alors que quelques-uns ont tenté de remonter, d’autres ont entamé une descente régulière ; à l’heure actuelle, aucun n’a dépassé 360 kilomètres, et deux ont chuté en dessous de 300 kilomètres.
Courte durée de vie
Ces trajectoires à basse altitude ont de graves conséquences sur le matériel. Les satellites situés à des altitudes plus basses étant confrontés à une résistance atmosphérique accrue, ils doivent consommer davantage de carburant pour rester en orbite, ce qui réduit considérablement leur durée de vie opérationnelle. Même ceux qui ont réussi à se stabiliser à 500 kilomètres risquent de s’user beaucoup plus rapidement que prévu.
Revers majeur pour l’armée russe
Avec seulement 32 satellites actuellement déployés et de nombreux autres qui n’ont pas atteint leur position prévue, le réseau Rassvet est loin d’être opérationnel. Selon certains rapports, la Russie ne disposerait pas actuellement de l’infrastructure nécessaire pour atteindre ses objectifs d’expansion fixés pour 2027. Cet échec tombe particulièrement à point nommé, étant donné qu’Elon Musk avait précédemment désactivé des terminaux Starlink non autorisés à la demande du ministre ukrainien de la Défense, perturbant ainsi gravement les communications militaires russes.
Bien que certains suggèrent que Rassvet puisse déjà fournir une connectivité sporadique sur le champ de bataille, le projet reste bien en deçà de ce qui était initialement prévu. (fc)
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