Vers de nouvelles élections en Israël ?

En Israël, la formation d’un nouveau gouvernement risque d’aboutir à une impasse. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou s’est lancé dans ce qu’il a qualifié de « dernier effort » pour former une nouvelle coalition. Depuis les dernières élections du mois d’avril, Netanyahou n’est en effet pas parvenu à constituer un nouveau gouvernement.

Au pouvoir en Israël depuis une dizaine d’années, Netanyahou est en effet confronté à des difficultés inattendues pour amener son parti, le Likoud, à sceller une coalition intégrant les partis des juifs ultra-orthodoxes d’extrême droite. (En Israël, les juifs qui respectent rigoureusement les règles du judaïsme représentent environ 10 % de la population).

L’exemption du service militaire pour les juifs orthodoxes

Le parti ultra-nationaliste Israel Beitenou de l’ancien ministre de la Défense Avigdor Lieberman et le Judaïsme unifié de la Torah s’écharpent sur un projet de loi visant à supprimer l’exemption du service militaire actuellement accordée aux  juifs ultra-orthodoxes. Lieberman a indiqué que son parti n’entrerait dans une coalition avec le Likoud qu’à la condition que cette loi soit adoptée, ce qui contraindrait les juifs orthodoxes à faire le service militaire (qui dure 3 ans pour les hommes et 2 ans pour les femmes) comme tous les autres citoyens israéliens. De son côté, le Judaïsme unifié de la Torah souhaite que les dizaines de milliers d’étudiants des écoles talmudiques bénéficient d’une exemption, comme c’est le cas depuis la création d’Israël, en 1948.

Lieberman a clairement indiqué qu’il n’accepterait aucun compromis, et ce différend a donc bloqué les conversations en vue de la formation d’un nouveau gouvernement. En Israël, tout nouveau gouvernement doit avoir été formé dans les 42 jours suivant les élections. Or, ce délai expire ce mercredi soir.

En cas d’échec, le président israélien Reuven Rivlin pourrait charger un autre politicien de former un gouvernement. Il pourrait alors décider de confier cette tâche au génbéral Benny Gantz, l’ancien chef d’état-major de l’armée israélienne et chef du parti centriste Kachol Lavan. Néanmoins, ce dernier nécessiterait un accord avec des alliés du Likoud pour former une majorité au Parlement israéline. Rivlin pourrait également se tourner vers un autre candidat du Likoud.

Bientôt de nouvelles élections ?

Le Likoud et Kachol Lavan ont chacun remporté 35 sièges lors des dernières élections. Netanyahou a toutefois remporté la victoire, car il est à la tête d’une alliance avec divers partis de droite et d’extrême droite, qui lui confèrent une majorité de sièges à la Knesset (qui en compte 120 au total).

Le Likoud a également commencé à dissoudre le parlement et à convoquer de nouvelles élections anticipées. Lundi, les députés ont approuvé un texte de loi allant dans ce sens en première lecture. Ils ont également proposé la date du 17 septembre pour la tenue de ces nouvelles élections.

Pour certains commentateurs politiques, ces mesures constituent une tentative de pression pour forcer les partenaires de négociation du Likoud à conclure un accord. En effet, les électeurs mécontents de devoir retourner aux urnes pourraient sanctionner les partis pour leurs divisions et leur incapacité à former un gouvernement.

L’annonce de nouvelles élections permettrait à Netanyahou de rester au pouvoir en tant que Premier ministre par intérim jusqu’à la formation d’un nouveau gouvernement.

Le Premier ministre israélien est mis en cause dans trois affaires de corruption. Netanyahou s’est toutefois engagé à rester en poste, même s’il était mis en examen. Il nie les allégations.