Israël établit un ‘lien probable’ entre le vaccin Pfizer et des myocardites et dévoile tous ses chiffres

Ce sont principalement les jeunes hommes qui sont touchés. (DEBBIE HILL/Shutterstock)

Fin avril, Ies autorités sanitaires israéliennes avaient indiqué que plusieurs dizaines de personnes qui avaient reçu le vaccin Pfizer avaient contracté une myocardite dans la foulée, sans pour autant pouvoir établir un lien de cause à effet. Après plusieurs semaines d’études, elles livrent leurs conclusions.

Initialement, 62 cas de myocardite en lien temporel avec le vaccin avaient été signalés. Ce mercredi, le ministère israélien de la Santé a indiqué en avoir finalement enregistré 148 ‘à proximité immédiate’ du moment où une personne a reçu une dose du vaccin. Un chiffre qui grimpe à 275 pour l’ensemble des cas de myocardite répertoriés dans le pays entre décembre 2020 – le mois de lancement de la campagne vaccinale – et mai 2021.

Les chiffres, en détails

Les autorités israéliennes ont confirmé ce qu’elles avaient annoncé il y a un bon mois: ces myocardites sont principalement apparues chez de jeunes hommes. Et cette fois, après enquête, il apparaît que le lien entre le vaccin et cette inflammation du muscle du cœur peut être établi avec davantage de certitude.

L’étude a ainsi révélé ‘qu’il existe un lien probable entre le fait de recevoir la deuxième dose (du vaccin Pfizer) et l’apparition d’une myocardite chez les hommes âgés de 16 à 30 ans’, peut-on lire dans le communiqué du ministre de la Santé.

Selon les résultats de l’étude, ce lien a été observé davantage chez les hommes âgés de 16 à 19 ans que dans les autres groupes d’âge. Dans le même ordre d’idée, le lien entre le vaccin et la myocardite diminue à mesure que l’âge augmente.

Notons enfin que les autorités israéliennes ont voulu faire preuve de transparence, mettant en relations ces myocardites avec le fait que les victimes souffraient déjà d’affections préexistantes :

  • Peu après la première dose: 16 cas chez des personnes ne souffrant pas d’affections préexistantes.
  • Peu après la première dose: 11 cas chez des personnes souffrant d’affections préexistantes.
  • Dans les 30 jours suivant la deuxième dose: 61 cas chez des personnes ne souffrant pas d’affections préexistantes.
  • Dans les 30 jours suivant la deuxième dose: 60 cas chez des personnes souffrant d’affections préexistantes.

Des chiffres à mettre en rapport avec les un peu plus de 5 millions de personnes vaccinées lors de cette période en Israël.

Très peu de cas graves

Une myocardite est une inflammation du muscle du cœur qui peut, dans certains cas, créer une insuffisance cardiaque, un rythme irrégulier, ou une mort soudaine. Au vu des chiffres annoncés ci-dessus, cela peut donc s’avérer particulièrement inquiétant.

Toutefois, les autorités israéliennes tiennent à rassurer. Sur les 275 cas de myocardites répertoriés depuis décembre 2020, 95% ont été classés comme légers. Dans la plupart des cas, les patients ont pu quitter l’hôpital après maximum quatre jours.

Un seul décès lié à une myocardite a été enregistré, mais l’enquête n’a pas pu prouver un réel lien de cause à effet ‘de manière concluante’, indique le rapport, selon The Times of Israel.

Feu vert en approche pour les 12-15 ans

Le ministère israélien de la Santé attendait cette étude avant d’approuver – ou non – l’utilisation du vaccin Pfizer pour les 12-15 ans. L’enquête terminée, le feu vert devrait bientôt être donné.

‘Le comité a donné le feu vert à la vaccination des jeunes de 12 à 15 ans, ce qui sera possible dès la semaine prochaine’, a déclaré Nachman Ash, coordinateur israélien de la réponse à la pandémie, à la radio 103 FM. ‘L’efficacité du vaccin l’emporte sur le risque’.

Certains experts ont conseillé de n’administrer qu’une seule dose afin d’atténuer les effets secondaires possibles de la seconde. Pour l’instant, aucune décision n’a été prise.

Le professeur Dror Mevorach, chef du service de médecine interne du centre médical Hadassah de Jérusalem et auteur du rapport, estime que 50% des parents choisiront de faire vacciner leur(s) enfant(s).

Pfizer nie

Pfizer a réagi à la publication de l’étude israélienne. La firme pharmaceutique américaine a déclaré dans un communiqué qu’elle était au courant des observations israéliennes de myocardites, notant qu’aucun lien de causalité avec son vaccin n’a été établi.

Les effets indésirables font l’objet d’un examen approfondi et Pfizer rencontre régulièrement le département de la sécurité des vaccins du ministère israélien de la Santé pour examiner les données, a ajouté l’entreprise.

Du côté des Etats-Unis, le mois dernier, un groupe consultatif des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) a recommandé d’étudier de plus près possibilité d’un lien entre des cas de myocardite et les vaccins à ARNm (Pfizer et Moderna).

Actuellement, les cas signalés chez les jeunes américains vaccinés sont ‘relativement peu nombreux’. Les experts des CDC restent toutefois vigilants, demandant aux prestataires de soins de santé de les tenir informés des rapports concernant un ‘événement indésirable potentiel’, indique Reuters.

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