L’année à venir sera toute aussi difficile pour l’industrie automobile, mais pas forcément pour les mêmes raisons

2022 a été une année difficile à de nombreux points de vue, et le secteur automobile n’a pas fait exception. Et si certains problèmes rencontrés semblent être sur la bonne voie pour se résorber, cela ne suffirait pas à renverser la vapeur. L’année 2023 devrait être tout aussi difficile pour le secteur.

Pourquoi est-ce important ?

L’industrie automobile a dû braver plusieurs obstacles en 2022 : des perturbations au sein de la chaine d’approvisionnement, des taux d’intérêt en hausse et les craintes de récessions. Mais alors que la situation semble se débloquer au niveau de la production, c’est du côté des consommateurs que les choses pourraient coincer. Étant donné le contexte macroéconomique actuel, ces derniers pourraient en effet se montrer réticents à l’idée de s’offrir un véhicule.

Dans l’actualité : l’année 2023 devrait s’accompagner d’une « destruction de la demande » pour l’industrie automobile.  

Le détail : les problèmes rencontrés en 2022 devraient se poursuivre l’année prochaine et s’accompagner de difficultés supplémentaires.

  • Bien que les perturbations au sein de la chaine d’approvisionnement semblent s’atténuer et la production redémarrer, un retour à la normale n’est pas prévu avant un moment, voire pas du tout en 2023.
  • Mais ce n’est pas le seul problème, Wall Street s’inquiète en effet d’une baisse de la demande de la part des consommateurs. « Il y a une destruction active de la demande dans l’industrie, compte tenu de l’inflation, des taux d’intérêt et des coûts de l’énergie – mais jusqu’à présent, cela a surtout eu un impact sur le carnet des commandes », a écrit Daniel Roeska, analyste chez Bernstein, dans une note aux investisseurs au début du mois, rapporte CNBC.
  • Au cours des premiers mois 2023, les marchés chercheront à comprendre où, quand et à quel point les constructeurs automobiles souffriront durant l’année, a prédit Roeska.

Une demande faible, mais des ventes élevées

  • Aussi paradoxal que cela puisse paraître, les analystes s’accordent à dire que les ventes automobiles mondiales augmenteront en 2023, malgré une demande faible.
    • S&P Global Mobility prévoit pour 2023 une hausse de 5,6% des ventes de véhicules neufs dans le monde par rapport à 2022
  • La raison à cela est que la demande s’est effondrée depuis le début de la pandémie de coronavirus, et ce, sur plusieurs marchés dans le monde.

Contexte : la pandémie a entraîné des perturbations au sein de la chaîne de fabrication et d’approvisionnement dans le monde entier.

  • La production automobile a donc drastiquement chuté, permettant aux constructeurs et concessionnaires d’augmenter le prix des véhicules qu’ils étaient en mesure de livrer, souligne CNBC.

« L’offre de véhicules neufs s’améliore enfin, mais l’industrie échange un problème d’approvisionnement avec un problème de demande et cela n’augure rien de bon pour les revenus et les bénéfices de l’année à venir »

Jonathan Smoke, économiste en chef de Cox

Des ventes en hausse, mais des profits en baisse

Les analystes estiment que l’augmentation des ventes de véhicules se fera au détriment des profits, car les constructeurs et concessionnaires n’auront plus autant de pouvoir pour fixer les prix, étant donné que l’offre s’améliorera.

  • La demande en baisse due à des taux d’intérêt plus élevés et des craintes croissantes de récession devrait en effet pousser les constructeurs automobiles à réduire leurs prix pour attirer les acheteurs, alors que les stocks se rempliront.
  • Une bonne nouvelle pour les consommateurs, mais pas pour les constructeurs, ni pour leurs actionnaires.
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