IAG se paie Air Europa pour survoler le marché aérien

Le groupe hispano-britannique IAG annonce le rachat de l’Espagnol Air Europa à travers sa filiale Iberia.

Le groupe hispano-britannique IAG annonce le rachat de l’Espagnol Air Europa à travers sa filiale Iberia. Objectif : reconquérir le marché entre l’Europe, l’Amérique latine et les Caraïbes.

C’est une affaire qui s’envole… très, très haut. A un milliard d’euros précisément. C’est le montant pour lequel Iberia, filiale d’IAG, a racheté la compagnie espagnole Air Europa, propriété du groupe touristique Globalia. A verser intégralement en espèces, s’il-vous-plaît. Elle s’ajoute à la récente et importante acquisition d’Aer Lingus en 2015.

Mais qu’est-ce que cachent ces rachats à prix d’or ? La reconquête de l’Espagne pour la holding hispano-britannique IAG. Et de l’Amérique Latine, au passage. Issue de la fusion entre British Airlines et Iberia, le groupe aérien ne voit pas d’un bon œil le retard qu’a pris Madrid dans le secteur de l’aviation ces dernières années. “A la suite de cet accord, Madrid sera en mesure de concurrencer d’autres hubs européens sur un pied d’égalité, avec une meilleure position sur les routes Europe-Amérique latine et la possibilité de devenir une porte d’entrée entre l’Asie et l’Amérique latine”. Luis Gallego, directeur général d’Iberia, est ambitieux.

Des problèmes de concurrence dans l’aérien

Pas sûr par contre qu’Air France-KLM et l’alliance SkyTeam sur l’Amérique latine en soient très enchantés. Car IAG survole ainsi directement les plates-bandes des deux compagnies aériennes. Et là, il y a problème. Car le méga-groupe IAG comporte maintenant une bonne partie des entreprises dans le secteur : British Airlines, Iberia, Aer Lingus, mais aussi les low cost Vueling et Level. Presque tous les transporteurs majeurs en Espagne sont sa propriété. IAG est quasiment en position de monopole, ce qui risque de ne pas plaire à la Commission européenne, qui doit plancher sur les problèmes de concurrence engendrés.

Les ambitions d’IAG ne s’arrêtent pas là, puisque le groupe entend transformer l’aéroport de Madrid en hub “rival des Londres-Heathrow, Paris-CDG, Amsterdam-Schiphol et Francfort”, en offrant aux voyageurs des “bénéfices significatifs” au niveau des choix, de la flexibilité des horaires et de l’utilisation d’un programme de fidélité nommé Avios. La blitzkrieg commerciale est lancée.