Gouvernement russe: petit à petit, Poutine place à nouveau ses pions

En nommant son nouveau gouvernement, Vladimir Poutine donne le ton. Pas de surprise pour les postes clés, mais un gouvernement destiné à relancer l’économie russe.

L’annonce avait surpris la semaine passée, lorsque Vladimir Poutine a profité de son discours de début d’année pour présenter une série de réformes à venir. Dans la foulée, le premier ministre Dmitri Medvedev avait présenté la démission de son gouvernement.

Les analystes glosent toujours sur les raisons véritables de cette réforme constitutionnelle à venir, et sur le rôle que compte occuper Poutine dans les années à venir. Toujours est-il que le premier ministre fraîchement nommé, Mikhaïl Michoustine avait promis aux Russes d’augmenter leur pouvoir d’achat et d’améliorer la qualité de vie dans le pays.

Mikhaïl Michoustine est l’ancien patron du fisc russe, qui peut se targuer d’avoir su moderniser la lourde administration fiscale du pays. On le décrit comme un technocrate efficient. Il s’est entouré d’une équipe de spécialistes, souvent inconnus du grand public.

Pas de grosses surprises

Si ce profil peut surprendre, on retombe dans le plus classique pour les postes clés. Les indéboulonnables Sergueï Choïgou et Sergueï Lavrov (en poste depuis 2004!) occupent toujours la Défense et les Affaires étrangères. Tout aussi important pour la politique générale russe, Denis Mantourov reste à l’Industrie et au Commerce et Alexandre Novak à l’Energie.

Doit-on y voir un signal de la part du Vladimir Poutine ? Les compétences régaliennes, les plus stratégiques, restent dans les mains des proches du président. Pas de transformation majeure à l’horizon. Les compétences économiques, moins structurantes, mais tout aussi importantes pour la législature à venir, n’ont pas connu de passage de témoin (à l’exception du ministère Développement économique qui change de tête).

Exit toutefois Vitali Moutko, vice-premier ministre et ancien ministre des Sports. Il avait eu sa petite notoriété dans le scandale du dopage des sportifs russes, qui leur a valu l’exclusion des Jeux olympiques et d’être la risée à l’international.

Un plan à 375 milliards d’euros

En plus des réformes constitutionnelles annoncées, ce nouveau gouvernement devra mettre en oeuvre des grands projets destinés à moderniser le pays et à le sortir d’une certaine torpeur. Connu sous le nom de ‘projets nationaux’, le programme vise à transformer de nombreux secteurs de la société russe, de l’éducation aux transports. Coût total annoncé : 375 milliards d’euros. Rien que ça.

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