« God save the pound »: la livre lâche encore du lest, et se rapproche de son plus bas niveau en 40 ans

Avec les chiffres de l’inflation britannique, toujours en augmentation, la livre sterling perd encore en puissance face au dollar. L’inflation est souvent favorable pour le cours d’une monnaie, mais pour la livre, c’est surtout le risque de récession qui plombe les espoirs.

Un cocktail explosif pour une devise : l’inflation qui flambe et la récession qui pointe le bout de son nez. De l’autre côté de la Manche, les récentes hausses des taux d’intérêt n’ont pour l’heure pas pu endiguer l’inflation, qui affiche 9,1% pour le mois de mai, selon les chiffres officiels publiés ce mercredi. En avril déjà, l’inflation affichait un douloureux taux de 9%.

Sur les marchés monétaires, une devise gagne souvent en puissance avec l’inflation, car la banque centrale du pays en question augmente les taux d’intérêt, ce qui fait que les prêts deviennent plus chers, mais aussi que les obligations d’État ont un meilleur taux de rendement, ce qui attire les investisseurs et les capitaux. Le dollar et l’euro ont ainsi récemment pu profiter de différents coups de pouce.

Risque de récession

Mais la livre sterling, malgré les hausses des taux orchestrées par la Banque d’Angleterre (de 0,25 point de pour cent à chaque reprise, pour un taux qui s’établit désormais à 1,25%), ne profite pas de cet élan des annonces des chiffres de l’inflation. Tout au contraire, la livre plonge face au dollar, perdant plus de 0,40% en quelques minutes, après les annonces, tombant jusque 1,2177 dollars la livre. Depuis, elle est remontée, et en fin d’après-midi elle culmine à 1,2270. Il y a un an, elle était encore à près de 1,40 dollar pour une livre, à 1,35 au début de l’année, et à 1,30 en avril. Le 14 juin, elle était même brièvement passée sous la barre de 1,20, son plus bas niveau en 40 ans, et le niveau de ce mercredi matin était le deuxième taux le plus bas sur cette même période.

C’est qu’au Royaume-Uni, on estime que l’inflation n’est pas encore en bout de course. La Banque d’Angleterre a récemment calculé que le pic serait à 11%, au mois d’octobre. Une situation compliquée pour l’économie, et une énorme pression pour les consommateurs. « Les tensions sur les prix fragilisent l’économie britannique et cela se répercute ce matin sur la livre », explique Guillaume Dejean, de Western Union, à BFM. Pour lui, « une récession guette le Royaume-Uni ». Et dans une situation de récession, la devise perd fortement en attractivité.

À la dernière hausse que la Banque d’Angleterre avait opérée, la semaine dernière, l’institution s’était dite prête à décider de hausses plus fortes dans le futur. Or, voir que les chiffres de l’inflation augmentent encore, malgré tout, constitue sans doute une raison (comme cela avait été le cas pour la Fed la semaine dernière) de tirer plus fort sur le frein à main.

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