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Erdogan: “Quelqu’un répand un gros paquet d’argent pour retirer le meurtre de Khashoggi de l’agenda”

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Politique

02/07/2019 | Dominique Dewitte | 4 min de lecture

« Quelqu’un répand un gros paquet d’argent pour retirer le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi de l’agenda. » C’est la déclaration faite par le président turc Tayyip Recep Erdogan sur la chaîne d’information nationale turque NTV, au lendemain de la conférence du G20, qui s’est tenue le week-end dernier à Osaka, au Japon. Il n’a pas donné plus de détails.

Lors du sommet lui-même, Erdogan avait déclaré qu’il incombait au prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane (MbS) de révéler les meurtriers du journaliste. Il a également déclaré que certains aspects du meurtre sont toujours gardés secrets.

Khashoggi a disparu le 2 octobre 2018 après être entré au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul. Sa disparition et, peu de temps après, la confirmation de sa mort, ont provoqué un scandale international et une agitation diplomatique. Khashoggi aurait été assassiné par un commando spécial venu spécialement d’Arabie saoudite. Les Saoudiens ont aussi utilisé un  sosie pour tromper le public.

Selon des sources turques, Khashoggi aurait été torturé au consulat, et ses doigts ont été coupés. Plus tard, il aurait été décapité. Son cadavre aurait finalement été dépecé et sorti clandestinement du consulat. Le cadavre n’a pas été retrouvé à ce jour.

L’assassinat de Khashoggi : quel a été le rôle de MbS ?

En décembre de l’année dernière, le Sénat américain a approuvé une résolution qui affirmait que le prince héritier Mohammed ben Salmane était personnellement responsable de la mort de Khashoggi. Le Sénat se fonfait sur un rapport de la CIA.

Le mois dernier, le rapporteur des Nations unies a confirmé qu’il existait « des indications crédibles » selon lesquelles le prince héritier saoudien, ainsi que plusieurs autres hauts fonctionnaires de son pays, seraient responsables du meurtre horrible de Khashoggi. 

Mohammed ben Salmane a nié à plusieurs reprises toute implication dans la mort du journaliste. Les autorités saoudiennes ont à présent lancé des poursuites contre onze suspects.

G20 : à l’ordre du jour

Lors de la précédente réunion du G20 en Argentine, qui a eu lieu peu de temps après le meurtre de Khashoggi, MbS a été largement ignoré des autres dirigeants mondiaux présents. Seul le dirigeant russe Poutine avait bien voulu lui consacrer du temps.

Mais le week-end dernier, tout semblait redevenu normal. MbS a eu des entretiens formels avec, entre autres, Poutine, le Premier ministre britannique May, le Premier ministre indien Narendra Modi et, enfin et surtout, la reine néerlandaise Maxima, qui est également envoyée des Nations unies à un autre titre. Mais c’est surtout son petit-déjeuner avec le président américain Trump qui a attiré l’attention. Il l’a appelé « un ami », qui met en œuvre des réformes majeures et « a entamé une révolution positive ».

On ne peut donc se tromper dans l’interprétation du message que le G20 voulait transmettre au monde samedi : le moment est venu d’oublier progressivement l’affaire Khashoggi.

G20
Kim Kyung-Hoon / Pool via Bloomberg

L’importance de l’Arabie saoudite, qui organise le prochain sommet du G20 à la fin de l’année prochaine, ne peut être sous-estimée. Ce pays riche en pétrole joue un rôle crucial dans le monde et au Moyen-Orient. Son dirigeant, MBS, est, tout comme Poutine, craint plutôt que respecté. Mais après ce qui s’est passé en octobre dernier, MbS peut vivre avec ce statut.


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