France, Allemagne, Royaume-Uni: trois pays, trois applications de tracing différentes

Isopix

L’Allemagne, le Royaume-Uni et la France ont décidé de lancer une application de contact tracing. Le but est de contrôler le taux de contamination dans le pays. Mais chaque pays a une idée bien arrêtée sur le fonctionnement de l’application.

La base du projet est la même pour tout le monde: le téléphone d’une personne récupère les informations de tous les individus avec qui elle a été en contact. Si cette personne est considérée comme infectée, ses contacts seront prévenus qu’ils ont pu être contaminés. Ils devront, si possible, se mettre en confinement pour éviter de contaminer à leur tour de nouvelles personnes.

Le principal point de divergence est la récolte de données. Il y a une grosse question sur le respect de la vie privée. Et deux camps s’opposent.

D’un côté, il y a ceux (principalement l‘Allemagne) qui veulent une base de données décentralisée. Quand une personne en rencontre une autre, les informations sont enregistré sur son téléphone.

De l’autre, on retrouve ceux (la France et le Royaume-Uni) qui ont choisi l’approche centralisée. Les données sont stockées sur un seul serveur.

Chaque camp affirme que sa technique est la meilleure pour protéger l’anonymat des utilisateurs.

Considéré comme malade

Mais maintenant que chaque pays a décidé sa méthode de récolte de données, une nouvelle question se pose: à partir de quand une personne est considérée comme infectée.

Pour l’Allemagne, c’est clair: seul un test peut déterminé si une personne est malade ou non. Les contacts seront prévenus qu’ils ont rencontré un malade seulement si la personne a été testée positive. L’application française devrait fonctionner de la même manière. Ce système implique une politique massive de tests pour que tout le monde ait la possibilité d’être dépisté dès les premiers symptômes.

Par contre, le Royaume-Uni veut fonctionner avec un système d’auto-diagnostique. Via un questionnaire sur l’application, les utilisateurs devront indiquer leurs symptômes. Le questionnaire leur dira s’ils sont malades ou non et en fonction enverra ou non une alerte sur le téléphone de toutes les personnes avec qui il a été en contact.

Cette méthode a l’avantage d’être plus rapide pour informer d’une possible contamination. Il ne faut pas attendre les résultats du test qui peut prendre parfois plusieurs jours. Mais il y a un risque d’abus. Trop de personnes pourraient signaler des symptômes ce qui créerait une avalanche de fausses alertes. Au final, cela pourrait ‘saper la confiance dans l’application et causer un stress indu aux utilisateurs’, explique le secrétaire d’État britannique à la Santé, Matt Hancock, à la BBC.

Google et Apple

Aux Etats-Unis, Apple et Google ont décidé de s’associer pour produire leur propre application de tracing qui fonctionnera de manière décentralisée. Lorsqu’elle sera terminée, les gouvernements auront le droit de la réutiliser pour leur propre population. L’Allemagne attend d’ailleurs sa publication pour terminer leur propre application.

La France, quant à elle, considère que c’est au gouvernement de se charger de ce point sensible et non à des entreprises privées. Mais, cela crée des conflits. Actuellement, Apple refuse de laisser l’application française avoir accès au Bluetooth en permanence.

Au Royaume-Uni, le service de santé publique se penche aussi sur le projet d’Apple et Google, en parallèle de sa propre application. Le pays ne s’est pas encore opposé formellement à son utilisation, mais cela signifierait qu’il doit passer à une récolte de données décentralisée.

L’avantage d’avoir une application commune à plusieurs pays est de pouvoir continuer le tracing, même en voyage. Mais cela signifie laisser une question majeure de santé publique entre les mains de sociétés privées.

Actuellement, aucun des trois pays n’a lancé officiellement son application. Elles sont toujours en phase de test alors que l’Allemagne et la France ont déjà commencé leur déconfinement.

Pour rappel, en Belgique, aucune application de tracing n’est pour l’instant développée. Le pays fonctionne avec un call center qui contacte les personnes potentiellement contaminées après qu’un de leurs proches ait été testé positif. Si à l’avenir un tel logiciel devait être développé, les autorités devront répondre à ces questions.