Boris Johnson de retour alors que le Royaume-Uni est au ‘risque maximum’

Le Premier ministre britannique a fait sa première déclaration publique aujourd’hui depuis qu’il a été atteint du Covid-19. (Isopix)

Le Premier ministre britannique Boris Johnson est de retour ce lundi au 10 Downing Street, après s’être suffisamment remis du coronavirus. Un certain nombre de dossiers extrêmement urgents l’attendent, le lockdown et le Brexit en tête de liste.

Boris Johnson doit être le leader mondial le plus connu ayant été infecté par le virus. Après avoir d’abord plaisanté de l’apparition du virus dans son pays – il a déclaré qu’il ‘n’allait certainement pas cesser de serrer des mains’ – il est lui-même tombé à ce point malade qu’il a dû passer quelques jours en soins intensifs.

Entre-temps, il s’est suffisamment remis pour reprendre son rôle de Premier ministre. Mais pas le temps de souffler: le week-end dernier, le nombre de morts a atteint le cap des 20.000 au Royaume-Uni.

En guise de premier point à l’ordre du jour, Boris Johnson a déclaré à la nation qu’il était ‘trop tôt pour assouplir le confinement britannique’. Selon lui, un deuxième pic serait une catastrophe, a-t-il déclaré dans son premier discours depuis des semaines.

S’il a reconnu que les restrictions étaient difficiles à supporter et risquaient de faire payer un lourd tribut à l’économie, il a averti que le Royaume-Uni était ‘au moment du risque maximum’.

‘Si ce virus était un agresseur physique, un agresseur inattendu et invisible, ce que je peux vous dire d’après mon expérience personnelle, alors c’est le moment où nous commençons à le combattre’, a-t-il toutefois déclaré avec une touche d’optimisme. Les mesures de lockdown du Royaume-Uni doivent être réexaminées d’ici le 7 mai.

Rappelons que son gouvernement a été vivement critiqué pour sa gestion de la pandémie, en particulier pour n’avoir pas pris le virus suffisamment au sérieux dans les premiers stades de sa transmission au Royaume-Uni.

Post-Brexit

Johnson doit par ailleurs se concentrer sur le Brexit. Car selon les négociateurs britanniques, même une épidémie mondiale n’est pas une raison suffisante pour reporter la prochaine étape du processus de séparation. Les analystes supposent que la Grande-Bretagne et l’UE devront reporter la date limite pour un accord commercial post-Brexit, car les gouvernements sont débordés par l’épidémie de virus dans leur pays respectifs.

Cependant, le gouvernement britannique a déclaré qu’il n’allait en aucun cas le reporter, même si l’UE le demandait. Les négociations ont été extrêmement difficiles jusqu’à présent, et aucun progrès significatif n’a été réalisé. Il est peu probable qu’une pandémie mortelle, avec des conséquences économiques de grande envergure, facilite les négociations…

Tests sérologiques

Dans le même temps, la Grande-Bretagne continue à vérifier si les tests sérologiques peuvent être utilisés dans la lutte contre le coronavirus. ‘Les tests continuent d’être testés, les signes sont actuellement positifs mais nous n’en sommes pas encore là pour dire que cela va fonctionner à 100%’, a déclaré le ministre d’État à la Santé Edward Argar.

‘Nous continuons à faire de la recherche à un rythme soutenu […] nous faisons de très bons progrès maintenant et j’espère que nous verrons des nouvelles positives sur ce front’, a-t-il ajouté.

Le pays est également en train de tester un éventuel vaccin contre le coronavirus. Développé par des chercheurs de l’université d’Oxford, il est testé sur des volontaires depuis la semaine dernière.

Le Royaume-Uni déplore à ce jour 20.732 décès dus au coronavirus, le quatrième pays d’Europe le plus endeuillé. Au moins 154.057 personnes y ont été contaminées depuis le début de la pandémie, selon les chiffres de l’Université Johns Hopkins

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