Vers un effondrement de 15% du PIB au Royaume-Uni?

Brits premier Boris Johnson – EPA

L’activité du secteur privé au Royaume-Uni comme en zone euro a chuté en mars par rapport à février, conséquence de la pandémie du nouveau coronavirus, selon les premières estimations de l’indice PMI composite du cabinet Markit publiée ce mardi.

L’activité dans le secteur privé s’est effondrée au Royaume-Uni, ce qui laisse augurer d’une probable récession dans le pays, a annoncé Markit.

L’indice PMI des directeurs d’achat des entreprises est tombé à 37,1 points, soit son niveau le plus faible depuis que ces données ont commencé à être publiées en janvier 1998, selon une première estimation dite ‘flash’. Cet indicateur ressortait encore à 53 points en février, signe que la pandémie a assommé l’économie britannique d’une manière inédite, selon Markit. Lorsque le PMI est supérieur à 50 points, cela signifie que l’activité progresse, tandis qu’elle diminue s’il est inférieur à ce seuil.

L’enquête a été compilée avant la fermeture des bars et restaurants puis la décision du gouvernement lundi soir de décréter un confinement de trois semaines.

Une baisse de 15% du PIB au deuxième trimestre?

Pour l’économiste en chef de l’institut IHS Markit, Chris Williamson, ‘une récession d’une ampleur jamais vue dans l’histoire moderne semble de plus en plus probable’, d’autant que l’impact des mesures de confinement se fera sentir surtout au deuxième trimestre.

Peu d’économistes se risquent à faire des prévisions précises mais certains, comme chez Capital Economics, redoutent un effondrement de 15% du PIB au deuxième trimestre au Royaume-Uni, près de deux fois plus violent que pendant la Grande Dépression.

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Pire qu’au plus fort de la crise financière

L’indice mensuel en zone euro s’affiche lui à 31,4 points, contre 51,6 points en février, son ‘plus faible niveau historique’. L’activité globale de la zone euro s’est effondrée en mars, la contraction signalée par les derniers résultats de l’enquête surpassant de loin celle observée au plus fort de la crise financière mondiale.

La conjoncture économique s’est très fortement dégradée en France, en Allemagne et dans le reste de la région, en raison des mesures draconiennes adoptées par les différents gouvernements afin d’enrayer la propagation du coronavirus.

Une baisse du PIB d’environ 2%

‘L’indice PMI flash de mars préfigure une baisse du PIB d’environ 2% au premier trimestre, et cette forte contraction de l’économie risque de s’accentuer dans les mois à venir, lors de la mise en œuvre probable de mesures de plus en plus drastiques, destinées à lutter contre la crise sanitaire actuelle’, commente encore Chris Williamson.

‘L’assombrissement des perspectives d’activité s’est répercuté sur le marché de l’emploi, les entreprises de la zone euro ayant en effet signalé la plus forte réduction de leurs effectifs depuis juillet 2009. Malgré les efforts des gouvernements afin d’endiguer la crise sanitaire et de soutenir l’économie, les prévisions de croissance se sont effondrées, les données flash de mars signalant le plus fort degré de pessimisme des entreprises depuis le début de l’enquête’, constate-t-il encore.