Quand le dollar montre un premier signe de faiblesse

Une hausse des taux d’intérêt qui correspond à ce qui était prévu, et qui évite la surprise, avec l’assouplissement de certains indicateurs économiques clés. Voilà qui coupe quelque peu l’élan du dollar, qui perd des plumes par rapport à d’autres devises. Ce jeudi, les États-Unis annonceront les chiffres du PIB pour le deuxième trimestre, où une baisse pourrait faire chuter davantage l’or vert.

Un premier signe d’affaiblissement ? Depuis le début de l’année, le dollar gagne en puissance, au gré des hausses des taux d’intérêt de la Réserve fédérale (Fed), la banque centrale des États-Unis. Mercredi, la Fed a indiqué une nouvelle hausse. Le monde économique s’attendait à une hausse de 75 points pour cette quatrième intervention, mais craignait aussi une hausse surprise, plus brutale, de 100 points de base.

Cette crainte ne s’est finalement pas réalisée, et cela se fait sentir sur le dollar. « Le dollar a perdu un peu d’altitude parce que je pense que le marché se préparait à l’éventualité que le président de la Fed, M. Powell, resserre la vis plus fort », explique Rodrigo Catril, expert des marchés monétaires auprès de la Banque d’Australie, à Reuters.

À côté de la forte hausse évitée, les annonces de Jerome Powell de l’assouplissement des indicateurs économiques comme les dépenses et la production (qui peuvent être des signaux d’alarme pour la récession), ont fait baisser le rendement sur les obligations d’État américaines. Le taux de celle à deux ans est tombé à 2,99%, son plus bas niveau de la semaine, et le taux de celle à dix ans à 3,19%. Le dollar en pâtit.

  • Le dollar est tombé jusqu’à 135,1 yens, son plus bas niveau en trois semaines. Soit une chute de plus de 0,8%.
  • L’indice du dollar, qui mesure la valeur par rapport à six autres monnaies, a chuté de 0,59% pendant la nuit de mercredi à jeudi, à 106,31 points. Jeudi matin, la baisse continue, quoique plus légèrement. Il est aussi à son point le plus bas en trois semaines.
  • L’euro a pu profiter d’un petit coup de pouce grâce aux titubations du dollar. La monnaie commune est partie en flèche de 1,0099 à 1,0211 en début de soirée mercredi, soit une hausse de 1,1%. Depuis, elle se négocie toujours à environ 1,02 dollar.
  • La livre anglaise a pu profiter du même élan (+1,06%) en début de soirée, et se négocie ce jeudi à 1,21-1,22 dollar.

Données officielles du PIB en chute

Ce jeudi, dans la semaine la plus chargée en informations économiques de l’année, les chiffres officiels du PIB américains ont été publiés. Une nouvelle baisse de la croissance de 0,9% au 2e trimestre, ce qui est le signe d’une récession « technique » et qui pourrait donner un coup de mou supplémentaire au dollar.

Dans tous les cas, la Fed ne va pas éternellement augmenter ses taux d’intérêt. Certains analystes s’attendent par exemple à deux nouvelles hausses, moins importantes que 75 points de base. Dans le même temps, la BCE n’a commencé ses hausses des taux d’intérêt que la semaine dernière, et devrait les poursuivre lors des prochains mois. Cela pourrait donner un coup de pouce à l’euro, même s la monnaie commune restera sans doute bridée par la crise des prix de l’énergie et l’ombre d’une crise de la dette à cause de la fragmentation des taux de rendements sur les obligations des différents Etats membres.

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