Et les cryptomonnaies dans tout ça ? Comment se positionnent les deux derniers candidats à la présidentielle française

Alors qu’approche le grand débat entre les deux candidats qui ont passé le cap du premier tour, on peut s’attendre à ce que la joute porte principalement sur les enjeux sociaux, économiques et énergétiques. Mais les candidats sont jusqu’ici restés très discrets sur certains points périphériques, pourtant proches de leurs habituels sujets de prédilection. On peut citer la place de la France dans l’espace, un thème délaissé alors qu’il touche tant au prestige de la nation qu’à sa défense, ou à de gros contrats industriels. Mais c’est aussi le cas des cryptomonnaies, alors que 8% de la population française a déjà investi dans ces jetons numériques.

Marine Le Pen : d’un pied sur l’autre

En 2017, la candidate du Rassemblement national se déclarait en faveur d’une interdiction du bitcoin, perçu comme dangereux pour l’économie comme pour les finances des citoyens. Mais cinq ans plus tard, elle a mis de l’eau dans son vin et appelle plutôt à réguler le marché de la plus importante des cryptomonnaies. Son programme précise que « les crypto-actifs doivent être placés sous le régime commun des marchés financiers » rappelle BFM Business. Quant à Jean-Lin Lacapelle, le responsable de la campagne numérique de Marine Le Pen, il a offert quelques détails supplémentaires dans la revue Les Numériques sur ce qu’envisage la candidate : « Nous souhaitons les intégrer au droit commun des marchés financiers: c’est avantageux pour les détenteurs de crypto-actifs. Et c’est également avantageux pour la société, car cela permet de lutter contre la fraude, de qualifier pénalement et de poursuivre les délits d’initiés et manipulations de cours qui sont légion sur ces marchés. »

Côté fiscalité, le Rassemblement national envisage maintenant un régime plutôt favorable aux investisseurs en cryptomonnaies, avec un allègement pour les plans liés à des projets technologiques d’intérêt général identifiés par l’État, afin de favoriser l’investissement privé. »

Emmanuel Macron : ce qui est fait n’est plus à faire, passons au métavers

Le président sortant a pour lui d’avoir déjà pris soin de clarifier la fiscalité française vis-à-vis des cryptomonnaies, et si l’on en croit son programme électoral, pour l’instant, il compte en rester là. Du moins à l’échelle nationale ; car à l’échelon européen, Macron imagine la création d’un « métavers européen » dédié à la communication entre les différents acteurs de l’Union sur les questions numériques en général, et celles propres aux cryptomonnaies ou aux NFT en particulier.

« Nous nous battrons pour bâtir un métavers européen. C’est un sujet clé à la fois pour la création, mais aussi pour la capacité à permettre à tous nos créateurs, quels que soient leurs champs culturels et leurs champs d’activités, de créer et de ne pas dépendre d’acteurs ou d’agrégateurs anglo-saxons ou chinois, qui pourront totalement contourner les règles de respect des droits d’auteur ou des droits voisins », a déclaré Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse.

« C’est au niveau européen que tout se joue »

Il faut dire que maintenant que la France possède sa législation sur la question, l’enjeu des devises non fongiques se décide dorénavant à l’échelon européen, même s’il n’est pas exclu que les règles soient clarifiées à l’échelle nationale, par rapport aux fraudes, par exemple. « La France ne va plus avoir beaucoup de marge de manœuvre au niveau des cryptomonnaies. Les chefs d’État auront leur mot à dire dans le cadre du trilogue européen. Alors que la France a mis en place des cadres précurseurs dès 2018 et 2019 sur les cryptomonnaies, c’est au niveau européen que tout se joue désormais », confiait ainsi à BFM Crypto le député français Pierre Person (LREM).

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