En Chine aussi Huawei est sous le feu des critiques

Isopix

Huawei était déjà critiquée sur la scène internationale pour ses liens jugés trop étroits avec le gouvernement chinois. C’est désormais la même chose au niveau national, suite à l’arrestation de plusieurs employés.

Huawei essuie actuellement une volée de bois vert en Chine après l’arrestation de six employés qui auraient émis des critiques envers l’entreprise. Il est reproché au géant des télécoms d’avoir usé de sa toute-puissance et de ses liens avec le gouvernement pour museler les collaborateurs mécontents.

Lire aussi: Huawei tente de séduire (et rassurer) l’Europe

Ces arrestations ont eu lieu en décembre 2018. Les employés en question faisaient partie d’un groupe WeChat dans lequel ils se plaignaient de l’entreprise. Le fait qu’elle discriminerait les travailleurs de plus de 34 ans était l’un de leurs griefs. L’un des membres du groupe voulait porter l’affaire devant les médias… Avant d’être arrêté.

Face au tollé, Huawei a fini par réagir: ‘Ce n’était pas un conflit de travail. Nous avons signalé un comportement criminel présumé aux autorités.’

Lire aussi: Huawei classé comme menace nationale américaine: l’entreprise leur lance un défi

Omnipotence de Huawei

L’affaire a mis longtemps avant de bénéficier de l’attention publique, à partir de novembre dernier. L’un des hommes arrêtés, Li Hongyuan, avait alors mis en ligne les détails de l’affaire. Son message est par la suite devenu viral. Et depuis quelques jours, cette histoire a également attiré l’attention des médias internationaux, suite à l’interview accordée par un autre travailleur concerné, Zeng Meng, au Guardian.

Zeng y suggère que le gouvernement, la police et la justice sont tout sauf indépendants en Chine. ‘Les trois sont facilement manipulables. Si Huawei dit que quelqu’un a fait quelque chose de mal, la police l’arrêtera.’

Li Hongyuan ne dit pas autre chose dans son article publié sur le site de microblogging Weibo: ‘L’idée que chaque personne est égale devant la loi est belle. Mais nous devons nous battre pour cela, génération après génération.’ Et il ajoute: ‘Ce n’est pas un exemple d’état de droit, c’est l’illustration du pouvoir qui est détourné pour opprimer les gens.’