Deux acteurs majeurs de l’industrie de l’or utilisent une technologie issue de leur rival, le secteur des cryptomonnaies. Pourquoi ?

La London Bullion Market Association (LBMA) et le World Gold Council (WGC) veulent travailler ensemble pour mettre en place un système qui aidera les investisseurs à « avoir la certitude que leur or est authentique et a été obtenu de manière responsable et durable ». Pour permettre aux orpailleurs de retracer l’origine de leur or, ils lancent un projet pilote sur la blockchain.

Pourquoi est-ce important ?

En général, les "gold bulls" ne s'entendent pas avec les crypto-adeptes. Les cryptomonnaies - et notamment le bitcoin - sont considérées comme la plus grande menace pour la position de l'or en tant que principale réserve de valeur. Le fait que les sociétés aurifères utilisent la technologie sur laquelle reposent les cryptomonnaies pour écarter les lingots illégaux du marché international constitue donc une évolution étonnante.

Le Gold Bar Integrity Programma vise à utiliser un grand registre distribué, une blockchain, pour enregistrer et suivre le cycle de production et de transaction des lingots d’or « de la mine au coffre-fort, rapporte Business Insider. L’objectif est de protéger les utilisateurs finaux, tels que les fabricants de bijoux, contre l’or contrefait ou l’or extrait illégalement.

Suivre tous les lingots d’or

« Les consommateurs et les investisseurs veulent savoir si leur or a été produit de manière responsable et durable, et la traçabilité de la provenance des lingots d’or aidera à maintenir les normes les plus élevées tout au long de la chaîne d’approvisionnement », a déclaré David Tait, PDG du WGC, dans un communiqué. « La technologie jouera un rôle important pour la confiance des consommateurs et augmentera la demande du métal précieux. »

Deux entreprises technologiques travaillant avec la blockchain, aXedras et Peer Ledger, feront la démonstration de leur technologie lors de la phase initiale du programme.

La phase initiale impliquera également tous les maillons de la chaîne d’approvisionnement en or – des mineurs aux raffineurs – y compris des banques telles que Standard Chartered, rapporte Bloomberg. Les lingots d’or en kilobars seront les premiers visés par le projet pilote, car ils ont historiquement été les plus touchés par la fraude, suggère Ruth Crowell, PDG de LBAM.

La LBMA et le WGC ont déclaré que le plan est d’encourager à terme tous les principaux acteurs du secteur à adopter la technologie blockchain afin que tous les lingots d’or soient enregistrés et suivis numériquement.

Pas exactement comme le Bitcoin

Le registre ne sera pas entièrement public, comme l’est celui pour le bitcoin, a précisé Ruth Crowell, patron de la LBMA, dans une interview. Toutefois, il est prévu que les participants à différentes étapes de la chaîne d’approvisionnement puissent y avoir accès.

La technologie blockchain est également de plus en plus utilisée par les entreprises qui souhaitent gérer efficacement la chaîne d’approvisionnement de leurs produits (supply chain management). Comme Cointelegraph l’a indiqué, plus de la moitié des entreprises ajoutées à la 2021 Blockchain 50 de Forbes étaient des entreprises utilisant activement la technologie du registre distribué pour résoudre leurs problèmes de logistique.

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