Des ex-employés accusent Tesla d’avoir truqué une vidéo de présentation de l’Autopilot: il y aurait eu un crash lors du tournage

En 2016, Tesla dévoilait une vidéo assez impressionnante pour présenter la version 2.0 d’Autopilot, son système de conduite autonome. Cinq ans plus tard, il apparaît qu’elle a été truquée.

Se confiant au New York Times sous couvert d’anonymat (de peur de représailles), d’anciens employés de Tesla qui travaillaient dans l’équipe de l’Autopilot ont expliqué que cette vidéo avait été trafiquée.

D’une part, l’itinéraire emprunté par la voiture montrée dans la vidéo aurait été tracé à l’avance par un logiciel qui créait une carte numérique en trois dimensions. Une fonctionnalité qui n’est pas disponible pour les conducteurs utilisant la version commerciale du système.

D’autre part, lors de la démonstration en question, la voiture aurait eu un accident. Elle serait rentrée en collision avec une barrière routière. Un crash qui aurait nécessité des travaux de réparation afin que rien ne puisse être décelé dans la vidéo finale.

Publicité mensongère ?

Toujours en ligne aujourd’hui, cette vidéo avait permis de faire la promotion de l’Autopilot 2.0 en 2016. A l’époque, Elon Musk s’en était servi pour expliquer que toutes les nouvelles voitures Tesla comprendraient désormais les caméras, la puissance de calcul et tous les autres matériels dont elles auraient besoin pour une « conduite autonome complète ».

Ce terme de « conduite autonome complète » a surpris pas mal d’ingénieurs de Tesla. Tout simplement car ils savaient que leur entreprise utilisait un terme qui ne correspondait pas à la réalité, racontent les ex-employés. Sterling Anderson, alors directeur de l’Autopilot, aurait lui aussi émis ses réserves quant au fait de baser les campagnes marketing de la marque sur ses facultés en matière de conduite autonome. Il a depuis quitté Tesla, pour créer Aurora, une entreprise elle aussi désireuse de créer des voitures capables de rouler sans aucune intervention humaine.

Musk n’en a cure

Malgré toutes les critiques, Elon Musk a continué et continue de faire la promotion de Tesla en louant les capacités en matière de conduite autonome fournies par son Autopilot.

En octobre 2020, la firme a même lancé l’option payante (pour quelques privilégiés) « Full Self Driving » (FSD), offrant de meilleures capacités de conduite autonome. Aujourd’hui, le FSD a encore été amélioré, est proposé à un public plus large et a été décliné sous la forme d’un abonnement. Mais les Tesla ne sont toujours pas entièrement autonomes.

Tesla estime et reconnaît ne pas être encore parvenu à tirer le plein potentiel de sa technologie. Elon Musk est convaincu que ce n’est plus qu’une question de temps avant que ses voitures se conduisent vraiment toutes seules, partout. Pour 2023, il compte déployer une voiture sans volant ni pédales.

Début novembre, Tesla a tout de même rappelé près de 12.000 véhicules qui faisaient partie du test bêta des nouvelles fonctionnalités du FSD. Un rappel effectué après qu’une mise à jour logicielle était susceptible de provoquer des accidents en raison de l’activation inattendue du système de freinage d’urgence des voitures.

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