Contre l’avis de nombreux scientifiques, l’Italie se prépare à un déconfinement en 4 phases

Le Premier ministre italien, Giuseppe Conte. (Isopix)

La date a été arrêtée. Le 27 avril prochain, l’Italie, qui a été le premier pays européen confiné, entamera son déconfinement progressif. Le monde scientifique plaidait plutôt pour la mi-mai. ‘Insoutenable’, a répondu le Premier ministre.

Le déconfinement en Italie se fera en 4 étapes.

Soit les 4 prochains lundis : certaines usines (agricoles, sylviculture) pourraient rouvrir dès le 27 avril, ensuite l’industrie du textile et de la mode, ainsi que les chantiers le 4 mai, l’ouverture des magasins de vêtements et d’autres commerces le 11 mai, et enfin le tour des bars, restaurants et coiffeurs le 18 mai, indique le quotidien Il Corriere della Sera.

Ces réouvertures sont bien entendu conditionnées aux mesures de sécurité, et ‘à la courbe de contagion’. En cas de nouvel afflux dans les hôpitaux, les autorités pourraient faire marche arrière voire annuler l’une ou l’autre mesure.

Les écoles et universités resteront, elles, fermées jusqu’à la rentrée, une décision qui a satisfait la communauté médicale, la société des pédiatres italiens (SIMPE).

Pour le reste, la crainte est toujours présente dans un pays qui s’est confiné dès le 9 mars et qui recense plus de 25.000 morts à ce jour. ‘Il est encore trop tôt pour lever le confinement, il serait préférable d’attendre au moins la mi-mai, car nous aurions alors plus de données sur la courbe épidémiologique à l’échelle nationale’, s’inquiète le Dr. Alessandro Sabatini cité par Marianne, un médecin généraliste chargé, comme les autres, de désengorger les hôpitaux.

Certains de ses confrères craignent l’indiscipline des Italiens, d’autres préféreraient d’y voir plus clair sur une potentielle immunité.

2e vague

Il est vrai que l’épidémie a fait un nouveau bon en Lombardie et dans le Piémont. Le nombre de patients guéris a été plus important que le nombre d’hospitalisations pour la première fois seulement ce vendredi.

La crainte d’une 2e vague, comme à Singapour, est dans toutes les têtes, y compris celle du chef du gouvernement, Giuseppe Conte: ‘Nous devons partir du principe que la courbe de contagion va repartir vers le haut, mais maintenir le confinement est impensable et surtout, insoutenable.’

Économiquement et moralement, l’Italie et les Italiens doivent prendre l’air, après des semaines de confinement. Mais de nombreux scientifiques craignent un déconfinement homogène, même si graduel. Le chef d’État doit toutefois, comme ailleurs, trouver un équilibre entre reprise du travail, de la vie sociale, et situation dans les hôpitaux.