Confusion au niveau du nombre de tests : à combien sommes-nous et qui croire ?

Philippe De Backer – Isopix

À combien de tests par jour la Belgique procède-t-elle ? Le ministre De Backer (Open VLD) avance des chiffres quotidiens qui vont au-delà des 10.000 tests. Pour l’institut du SPF Santé publique, Sciensano, on peine à franchir ce cap. Rappelons que l’objectif est d’effectuer 25.000 tests dès le 4 mai.

Pour le ministre en charge de l’approvisionnement en masques et en tests, il n’y a pas de doute: la Belgique fait plus de 10.000 tests depuis le 23/04. Les chiffres auraient même frôlé les 15.000 unités le 24 et le 25 de ce mois d’avril.

Pourtant, lors de sa conférence de presse quotidienne, Sciensano n’en annonce pas autant. Le 24 avril, les tests plafonnaient à 9.284 tests, le 25 avril à 8.396 selon l’Institut. Hier, rebelote, on était à peine 6.172 tests.

Notons également que le nombre de tests est annoncé oralement lors de la conférence de presse de Sciensano. On ne les retrouve pas entièrement dans le rapport épidémiologique quotidien. Il faut aller fouiller sur le site pour trouver un tableau Excel.

Qui croire, alors que 25.000 tests quotidiens sont attendus, et que selon le ministre, ce nombre pourrait même être porté à 40.000 unités ?

‘Moi’, répond le ministre, interrogé mardi soir par La Libre. ‘Les chiffres de Sciensano ne tiennent pas compte des doubles tests – les personnes testées pour la deuxième fois – et des tests qui sont effectués en dehors des critères fixés par le Risk Management Group.’

En gros, les deux nombres seraient corrects, mais se basent sur des critères différents. Qu’en est-il des 25.000 tests promis pour ce lundi 4 mai ? Là encore, le ministre nuance (ou joue sur les mots) et parle de capacités de testing et pas du nombre effectif. En d’autres termes, cela dépendra des capacités des labos à les analyser, mais aussi des personnes pour prélever ces tests.

Labos oubliés

Hier, on vous expliquait cette autre embrouille entre les laboratoires universitaires qui se sentaient oubliés et le ministre qui aurait privilégié le big pharma.

Interrogé à la Chambre, le ministre De Backer indique que les laboratoires de l’industrie pharmaceutique travaillent ‘à coût, pas plus, sans profit’.

Les choses semblent enfin rentrer dans l’ordre: les critères ont été élargis (toute personne souffrant de symptômes grippaux pourra faire l’objet d’un test) et les médecins généralistes vont pouvoir eux aussi se charger des prélèvements.

Rappelons qu’il s’agit là des tests PCR. Pour les tests sérologiques qui doivent mesurer la réponse des anticorps, c’est encore le flou. La société liégeoise ZenTech s’était positionnée dans ce dossier, mais selon la biotech, l’Agence fédérale des Médicaments a seulement livré son autorisation formelle ce mardi pour permettre la production de 5 millions de tests. L’entreprise attend toujours la confirmation écrite.

Comme pour les masques, il était écrit que rien ne serait simple.