Confinement, télétravail, déplacements… Les mesures qui marchent vraiment (et celles qui sont moins efficaces)

EPA

Une étude récemment publiée dans la revue Nature Scientific Reports s’est penchée sur les mesures de lutte contre la pandémie de Covid-19 prises dans près de 200 pays. Son objectif: identifier les mesures qui ont été les plus efficaces durant la première vague épidémique et celles qui l’ont moins été. En voici les principaux enseignements.

Les professeurs Nikolaos Askitas, Konstantinos Tatsiramos et Bertrand Verheyden, assistés de leurs équipes, ont étudié les mesures prises dans 175 pays durant le premier confinement, dont la Belgique. Les chercheurs ont ensuite analysé leur impact sur les chiffres de l’épidémie. Ils se sont penchés en particulier sur la limitation des voyages internationaux, la fermeture des transports en commun, l’annulation des événements publics, les restrictions concernant les rassemblements privés, la fermeture des écoles et des lieux de travail, l’obligation de rester chez soi et les restrictions en matière de mobilité interne.

Les mesures qui fonctionnent

‘Nous constatons que les interventions les plus efficaces pour contenir la propagation du Covid-19 sont celles qui visent à réduire les contacts dans les grands groupes, comme l’annulation d’événements publics et les restrictions des rassemblements privés, et à réduire les contacts à haute fréquence, comme les fermetures des écoles et des lieux de travail’, expliquent les auteurs de l’étude. Ils ajoutent avoir observé ‘une baisse de l’incidence du Covid-19 environ une semaine après la mise en œuvre de ces quatre politiques’.

  • Événements publics et rassemblements privés: ‘Par rapport à la période de référence précédant l’intervention, une augmentation de l’intensité de l’annulation des événements publics ou des restrictions des rassemblements privés entraîne une diminution d’environ 12% du nombre d’infections quotidiennes 6 semaines après la mise en œuvre’, affirme l’étude.
Nikolaos Askitas, Konstantinos Tatsiramos et Bertrand Verheyden – Nature Scientific Reports
  • Écoles et des lieux de travail: ‘L’effet est d’environ 12% et 15%.’
Nikolaos Askitas, Konstantinos Tatsiramos et Bertrand Verheyden – Nature Scientific Reports

La limitation des voyages internationaux, une mesure décidée vendredi dernier par le Comité de Concertation et effective à partir de ce mercredi, est également une mesure efficace, mais seulement de manière limitée dans le temps.

Pour rappel, à partir du 27 janvier et jusqu’au 1er mars, les voyages non-essentiels sont interdits, que ce soit pour entrer ou sortir de Belgique. Des exceptions demeurent toutefois pour certaines raisons: le travail, la famille, les soins de santé, les travailleurs transfrontaliers… Et dès ce lundi 25 janvier, les ressortissants étrangers doivent présenter un test PCR négatif à leur arrivée dans notre pays.

‘Les contrôles des voyages internationaux deviennent efficaces pour réduire l’incidence environ 10 jours après leur introduction, pendant une durée d’environ deux semaines et demie, après quoi ils cessent d’être efficaces’, écrivent les auteurs de l’étude.

Ces derniers ajoutent que ‘si les contrôles des voyages internationaux avaient été plus stricts dès le début, ils auraient probablement empêché l’épidémie de se transformer en pandémie. Malheureusement, ces contrôles ont été appliqués en moyenne à la plus faible intensité de toutes les politiques.’

Les mesures moins efficaces

  • Obligation de rester chez soi: ‘Les obligations de rester à la maison, généralement introduites en dernier recours, prennent plus de temps pour ramener l’incidence en dessous de la période de référence, et lorsqu’elles le font, leur effet devient négatif sur un nombre limité de jours’, note par ailleurs les professeurs Nikolaos Askitas, Konstantinos Tatsiramos et Bertrand Verheyden.

Confinement strict et court vs. confinement léger et long: quelle est la meilleure option ?

  • Fermeture des transports en commun et restrictions en matière de mobilité interne ont un ‘impact négligeable’, note enfin l’étude.
Nikolaos Askitas, Konstantinos Tatsiramos et Bertrand Verheyden – Nature Scientific Reports

‘Le fait que les restrictions des transports publics n’aient pas été efficaces s’explique par l’introduction antérieure d’autres types de restrictions, qui ont réduit l’utilisation des transports publics et de facto les déplacements intérieurs’, explique les auteurs. Par conséquent, ‘les restrictions sur les transports publics ne réduisent la mobilité que d’un nombre limité d’utilisateurs restants.’

Et la même logique peut être appliquée aux restrictions en matière de mobilité interne, ajoutent-ils.