Confinement strict et court vs. confinement léger et long: quelle est la meilleure option ?

Isopix

On n’en voit pas la fin. Il devient difficile de discerner un confinement de la vie normale. Face à cette histoire sans fin, des voix s’élèvent pour mettre en place un confinement intense sur une courte période pour se débarrasser du virus, en tout cas pour un temps. Quelle est finalement la meilleure option d’un point de vue sanitaire et économique ?

Si la Belgique reste pour le moment relativement épargnée, avec des chiffres qui sont stables, mais qui ne diminuent pas vraiment, la France voit son nombre de cas s’envoler, à l’instar d’autres pays européens. Une action européenne a récemment été lancée pour appeler à mettre fin à ce confinement permanent, via une approche plus stricte pour un court moment. La pétition ZeroCovid a déjà obtenu près de 80.000 signatures.

Voilà comment ils expliquent leur démarche: ‘Les gouvernements suivent deux objectifs : ne pas mettre en danger les bénéfices des entreprises et éviter une surcharge des hôpitaux. Or cette stratégie a échoué. Nous avons besoin d’un changement de stratégie. Nous avons besoin d’une pause solidaire.’

Pour se faire, ils envisagent un confinement strict où toute l’économie serait bloquée pour un temps. Objectif: 10 nouvelles contaminations par million d’habitants. C’est d’ailleurs ce que 300 scientifiques demandaient avant Noël dans la revue The Lancet.

Économie

Si cette initiative, venant globalement de la gauche, a suscité les craintes du monde des entreprises, les mentalités évoluent. Ce vendredi matin, sur BFM Business, l’éditorialiste Emmanuel Lechypre plaidait pour ce confinement court et strict:

‘Pour avoir consulté beaucoup de dirigeants d’entreprises (…) leur position est très claire: on peut supporter que le premier semestre 2021 ressemble à 2020, on ne peut pas supporter que tout 2021 ressemble à 2020.’

Autrement dit: allons-y tout de suite, et franco, sur une plus courte période, plutôt qu’être dans la situation actuelle. C’est-à-dire un confinement ressenti par la plupart, et des chiffres qui stagnent ou se dégradent empêchant tout déconfinement réel.

Sans ce déconfinement, tout un pan de l’économie est complètement à l’arrêt: cafés, restaurants, tourisme…

Sanitaire

Au niveau sanitaire, il est clair qu’un confinement strict apporte de meilleurs résultats. Le confinement de mi-mars/mi-avril en est la meilleure preuve. Le nombre de cas était proche de zéro tout l’été.

Le confinement de novembre n’a lui pas eu les effets escomptés. La reprise actuelle de l’épidémie – il est vrai favorisée par l’arrivée de nouveaux variants – est là pour le prouver. Certes, en Belgique, on a observé une baisse des cas impressionnante. Mais depuis, nous restons sur un certain plateau qui empêche le déconfinement. En France, la situation, après avoir stagné, se dégrade à nouveau.

Dernière preuve: la récente chute des cas au Royaume-Uni et aux Pays-Bas suite au confinement strict de ce mois de janvier. Il devra encore durer un certain temps, mais cette chute importante des cas est une réalité.

Our World In Data.

C’est sans doute utopique, mais si toute l’Europe pouvait observer un confinement strict, en même temps, sur une période donnée, cela donnerait non seulement de bons résultats, mais aussi une perspective pour la population. Sans oublier le temps nécessaire pour certains Etats d’enclencher définitivement la vaccination de masse.

En France, le coût de la crise pour les finances publiques (dépenses, soutiens aux entreprises et manque à gagner des recettes) est évalué à 180 milliards d’euros pour 2020. La Belgique table elle sur un déficit autour des 50 milliards d’euros. Entreprises et pouvoirs publics peuvent-ils se permettre une nouvelle année de vache maigre ?