Coens/Mahdi: le nouveau président du CD&V changera-t-il le cours des négociations fédérales?

Sammy Mahdi et Joachim Coens. (Isopix)

Le CD&V élit son nouveau président ce vendredi. Il s’agira de Joachim Coens ou Sammy Mahdi, soit deux profils très différents pour un parti dont les prochains choix seront déterminants dans la formation d’un gouvernement fédéral. Les résultats tomberont vers 17h.

Au premier tour, 23.000 membres du CD&V avaient voté en vue d’élire le nouveau président de leur formation politique: Joachim Coens avait recueilli 26% des voix et Sammy Mahdi, 19%. Le même nombre de votants est attendu pour le second tour. Cela signifie qu’il reste encore plus de 12.000 votes à redistribuer entre les deux candidats ce vendredi.

Deux profils très différents

Âgé de 53 ans, Joachim Coens est originaire de Flandre occidentale et est le fils d’un ancien ministre CVP. Il est par ailleurs président du port de Zeebruges.

Sammy Mahdi, 31 ans, est quant à lui Bruxellois et né d’un père irakien et d’une mère flamande. Il est président des jeunes CD&V.

Même si les deux candidats se défendent d’appartenir à l’appareil du parti, Joachim Coens représente la sécurité et la tradition CD&V tandis que Sammy Mahdi incarne cette jeunesse qui prend progressivement le pouvoir. À ce titre, il constitue, plus que son opposant, une inconnue.

‘Entre les deux, les chances de l’emporter ce vendredi sont de l’ordre du 50/50. Mahdi est plus un pusher, il est jeune et moins nuancé que Coens qui est davantage un CD&V typique’, synthétise Eric Van Rompuy dans La Libre. Par ailleurs, ‘Sammy Madhi semble moins effrayé par l’opposition. Joachim Coens est plus prudent’, estime encore le président des aînés du CD&V.

‘D’un point de vue socio-économique, tous deux sont assez conservateurs’, note par contre Eric Van Rompuy.

De son côté, le politologue Dave Sinardet juge Coens ‘plus nationaliste flamand que Mahdi’ et ‘plus conservateur au plan éthique’. Il estime cependant que le premier est légèrement moins à droite sur le plan socio-économique que le second.

Quid des négociations fédérales?

Le choix du nouveau président du CD&V aura forcément un impact sur les négociations fédérales, mais pas à court terme, estime pourtant Eric Van Rompuy. La raison en est que c’est Koen Geens qui est aux commandes sur cette matière et il a déjà fait connaître ses vues à l’informateur royal Paul Magnette.

‘C’est lui (Koen Geens) qui mène le jeu et un nouveau président ne changera pas cela’, assure le président des aînés du CD&V. ‘La ligne Geens, c’est de mettre Bart De Wever en piste. Même si je n’exclus pas que dans quelques semaines, si Bart De Wever a tenté et échoué, le nouveau président se tourne vers l’arc-en-ciel.’

‘La position du CD&V sera déterminée par différentes personnes, pas seulement le président’, confirme Dave Sinardet. ‘Sammy Mahdi a communiqué de manière forte sur la réunion secrète de ce week-end, Coens a été plus mesuré. Mais cela me semble davantage une différence de style que de fond. Le CD&V ne sait pas encore très bien comment se positionner.’