La Chine opère enfin son grand tournant

Pékin n’exigera plus que les voyageurs entrants observent une quarantaine, cela à partir du 8 janvier. C’est ce qu’annonce la Commission nationale de la santé lundi.

Pourquoi est-ce important ?

L'économie chinoise a énormément souffert de la politique zéro-covid stricte. Le secteur touristique du pays a également été durement touché. Pour inverser la tendance, le gouvernement chinois vient d'annoncer une révision radicale de sa politique de quarantaine.

Dans l’actu : la Chine exige actuellement que les personnes entrant dans le pays passent cinq jours en quarantaine dans une installation contrôlée par le gouvernement, puis trois jours supplémentaires chez elles.

  • À partir du 8 janvier, cette quarantaine sera abolie, indiquent les autorités nationales. Toutefois, les voyageurs entrant dans le pays doivent toujours subir un test PCR 48 heures avant leur départ.
  • Le nombre de vols internationaux autorisés à arriver en Chine ne sera plus limité à partir de janvier.
  • Pékin retire également la maladie de sa liste des maladies infectieuses les plus dangereuses. COVID-19 ne sera plus comptabilisé comme catégorie A mais comme catégorie B à partir de janvier. En effet, la maladie est devenue moins virulente et évoluera progressivement vers une « infection respiratoire commune », selon les autorités.

Tolérance zéro : Trois années de mesures de tolérance zéro – de la fermeture des frontières aux fermetures fréquentes d’usines et de zones résidentielles entières – ont gravement affecté l’économie chinoise.

  • Le géant technologique Apple a récemment annoncé qu’il allait transférer sa principale chaîne de production, celle du populaire iPhone 14 Pro, en Inde.
    • C’est un coup dur pour Pékin, car le fabricant Foxconn – qui fabrique les appareils – emploie environ 200.000 Chinois dans son usine de Zhengzhou, en Chine.
  • Des émeutes à grande échelle ont également éclaté en raison de cette politique stricte.
    • Les manifestations nationales ont commencé fin novembre dans les usines Foxconn de Zhengzhou et à Ürümqi. Les politiques strictes appliquées dans l’usine du fabricant taïwanais – en réponse à la politique COVID de Pékin – ont provoqué des troubles au sein du personnel, qui a fui l’usine en masse. Mais un violent incendie dans un immeuble d’habitation le mois dernier dans la ville d’Ürümqi, qui a tué 10 personnes, a également provoqué un mécontentement généralisé.
  • En raison de la politique sanitaire stricte, les touristes et les voyageurs d’affaires internationaux ont largement évité la Chine ces dernières années.
  • Au début du mois, cependant, Pékin a opéré un brusque revirement politique et a abandonné la quasi-totalité de ses restrictions nationales en matière de COVID, ce qui a obligé les hôpitaux du pays à réagir à une vague nationale de nouvelles infections.

Infections : Pendant ce temps, les infections augmentent rapidement dans le pays.

  • Selon l’AFP, qui a pu s’entretenir avec plusieurs personnes ayant connaissance du dossier, de nombreux crématoriums seraient surchargés. Certains membres du personnel affirment qu’ils doivent traiter 40 corps par jour, contre une dizaine en période d’infection normale.
  • Il y a quelques jours, des chercheurs de Hong Kong ont prévenu que la Chine n’était pas bien préparée à ces assouplissements. Les taux de vaccination parmi les groupes vulnérables ne seraient pas assez élevés, les capacités de soins de santé ne seraient pas suffisamment développées et l’approvisionnement en médicaments antiviraux serait insuffisant.

(CP)

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