Chine: des violences éclatent en marge du déconfinement du Hubei

Image d’illustration. – Isopix

Des violences ont éclaté vendredi dernier entre manifestants et policiers venus du Hubei d’un côté et policiers du Jiangxi de l’autre, sur un pont séparant les deux provinces chinoises. Une interprétation divergente des directives de déconfinement du Hubei, émises par le pouvoir central, semble être à la base des tensions.

Plusieurs vidéos montrant des affrontements violents entre manifestants et police chinoise ont circulé sur les réseaux sociaux le week-end dernier. On y voit notamment des policiers en tenues antiémeutes bloquant le passage à une foule de personnes qui finit par s’en prendre à plusieurs véhicules des services d’ordre. Les faits se sont produits sur un pont chevauchant le fleuve Yang-Tsé et reliant la province du Hubei à la ville de Jiujiang, dans le Jiangxi.

Selon le South China Morning Post, des violences auraient même éclaté entre les forces de police des deux provinces.

Déconfinement

Si ce qui a mis le feu aux poudres n’est pas clair, les tensions ont assurément été déclenchées par le déconfinement progressif de la province de Hubei. Les habitants de celle-ci, et dont Wuhan est la capitale et l’épicentre de la pandémie de coronavirus, peuvent officiellement à nouveau voyager vers les autres provinces chinoises depuis le mercredi 25 mars. Un soulagement pour les Chinois coincés dans ou en dehors de la province depuis environ deux mois. Une restriction importante tout de même: les voyageurs doivent disposer sur leur smartphone d’un QR code ‘vert’ délivré par les autorités et attestant d’une non-infection au covid-19. Par ailleurs, les habitants de Wuhan même demeurent encore en confinement strict jusqu’au 8 avril.

Divergence

Dans la foulée des heurts, les deux services de police ont chacun publié une déclaration officielle en ligne. Toutes deux ont rapidement et supprimées.

Celle émise par la police du Hubei estimait que les officiers du Jiangxi avaient violé un accord conclu entre les deux gouvernements provinciaux. Les policiers auraient traversé la frontière pour vérifier les certificats de santé et les autorisations de voyage des personnes avant de leur permettre de traverser le pont.

Quant aux forces de police de la ville de Jiujiang, elles affirment que les violences ont commencé parce qu’un policier du Hubei a tenté d’empêcher des voyageurs de monter dans un bus à destination de la gare de la ville, la plus proche pour les habitants de cette partie du Hubei.

Obstacles

En fin de compte, une déclaration commune a été publiée dans la soirée indiquant que les barrières visant à limiter les déplacements pendant le confinement seraient levées et que leurs codes de dépistage sanitaire respectifs seraient reconnus.

Le South China Morning Post conclut en citant un article du Quotidien du Peuple, organe de presse du Parti communiste chinois, qui reconnait certains problèmes dans la remise en marche du pays. ‘Ces derniers jours, toutes les couches de la société ont demandé aux gouvernements d’accepter les travailleurs du Hubei. Cependant, il est indéniable que certains endroits, intentionnellement ou non, ont mis en place des obstacles au retour à leur poste des travailleurs migrants du Hubei et ont des préjugés contre eux.’

Officiellement, la Chine compterait environ 80.000 cas de covid-19 et quelque 3.300 morts. Des chiffres qui ont récemment été mis en doute par de nouvelles informations interpellantes dévoilées par le média d’investigation chinois Caixin.