C’est maintenant prouvé : vous avez du plastique jusque dans votre sang

Quand on dit que les microplastiques sont partout et qu’ils nous empoisonnent, on ne se rend pas toujours compte à quel point ces minuscules particules se retrouvent absolument n’importe où dans notre environnement. Une nouvelle étude vient de démontrer qu’ils se faufilent jusque dans nos vaisseaux sanguins.

Pratiquement aucun endroit sur Terre n’est exempt du brouillard de polymères qu’est devenu le problème des microparticules de plastiques, rappelle Science Alert : on trouve ces déchets artificiels des plus profondes abysses aux plus hautes montagnes. Mais ce que beaucoup ignorent, ou préfèrent ignorer, c’est qu’il n’y a pas que les autres animaux qui se retrouvent avec l’organisme saturé par ces particules. C’est aussi notre cas, de plus en plus, et de plus en plus tôt dans notre vie. Fin 2020, des scientifiques s’alarmaient d’avoir découvert des microplastiques au sein du placenta humain. Depuis, une nouvelle étude a démontré qu’on les retrouvait même dans nos veines et nos artères.

17 cobayes sur 22 avaient du plastique dans le sang

Des chercheurs de la Vrije Universiteit Amsterdam et du Centre médical universitaire de la capitale néerlandaise ont analysé des échantillons de sang prélevés sur 22 donneurs anonymes en bonne santé pour y déceler des traces de polymères synthétiques courants d’une taille supérieure à 700 nanomètres. Après que l’équipe se soit donné beaucoup de mal pour maintenir son équipement exempt de contaminants, deux méthodes différentes d’identification de la composition chimique et des masses de particules ont permis de découvrir des preuves de plusieurs espèces de plastique dans 17 des échantillons prévus pour l’expérience.

Bien que les combinaisons exactes varient d’un échantillon à l’autre, les microplastiques comprenaient du polyéthylène téréphtalate (PET) – couramment utilisé dans les vêtements et les bouteilles de boisson – et des polymères de styrène, souvent utilisés dans les pièces de véhicules, les tapis et les récipients alimentaires.

Un impact sur la santé inconnu mais qui inquiète beaucoup

En moyenne, chaque millilitre de sang contenait 1,6 microgramme de matière plastique, la concentration la plus élevée étant légèrement supérieure à 7 microgrammes.

Les effets sur la santé de ces concentrations de plastique demeurent inconnus, mais on craint que ces particules n’aient des conséquences délétères sur le développement des enfants, sans toutefois avoir encore pu le prouver. « Nous savons aussi en général que les bébés et les jeunes enfants sont plus vulnérables à l’exposition aux produits chimiques et aux particules », a déclaré Dick Vethaak, écotoxicologue à la Vrije Universiteit Amsterdam, au Guardian. « Cela m’inquiète beaucoup. »

Deux fois plus de déchets plastiques d’ici 2040

D’autant que ces microplastiques, issus de la décomposition progressives des tonnes d’objets à usage plus ou moins uniques que nous larguons dans l’environnement, risquent bien de se multiplier dans les décennies à venir : notre production de déchets plastique et leur rejet dans l’océan pourrait bien doubler d’ici 2040.

Et une fois qu’ils ont commencé à se décomposer, il n’y a, pour autant qu’on sache, aucun retour en arrière possible. Dans un lointain futur, nul doute que notre ère géologique sera définie par une épaisse couche de plastique sur toute la planète.

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