Ce n’est pas la crise pour tout le monde : la consommation de junk food et de boissons sucrées explose

Une pandémie, des rivalités économiques exacerbées, deux ou trois crises géopolitiques dont une a fini par dégénérer en guerre ouverte sur le sol européen, pénurie énergétique… Depuis un peu plus de deux ans, nous traversons une période particulièrement stressante. Or, si la situation économique préoccupante et l’inflation galopante laissent présager une baisse de la consommation, ce n’est pas le cas dans tous les secteurs ; l’industrie des snacks et autres intermèdes sucrés ou salés se porte, elle, à merveille.

Selon CNN, les marques produisant des chips, des barres chocolatées, et autres boissons sucrées ou énergisantes ont toutes le vent en poupe à Wall Street. Hershey’s (HSY), qui fabrique pour le compte de Nestlé certaines marques destinées au marché nord-américain, est en hausse de 19% cette année. Le géant Coke (KO) a gagné près de 10 %, tandis que son grand rival Pepsi (PEP) est en hausse de 4 %. De belles performances alors que le marché global est en baisse de 10 %. Une croissance du même ordre se retrouve chez Celsius Holdings, une firme moins connue du grand public, mais incontournable du secteur des boissons énergisantes, et qui travaille main dans la main avec les géants du soda tels que Pepsi pour la distribution de ses produits ; ses ventes ont bondi de 137 % depuis l’année dernière.

« Ils y trouvent un certain réconfort »

« Le sentiment général des acteurs du secteur est que les gens sortent d’une période stressante d’incertitude et qu’ils trouvent du réconfort dans certaines boissons et collations. Même si l’inflation entraîne une hausse des prix, ils refusent de renoncer à ces petits luxes », estime auprès de CNN Duane Stanford, rédacteur et éditeur de Beverage Digest, un bulletin d’information commerciale couvrant l’industrie des boissons non alcoolisées. Pourtant, les prix de ces produits augmentent suite aux pénuries énergétiques et aux difficultés de la filière alimentaire mondiale, mais des études ont déjà démontré depuis longtemps que le niveau de vie n’impactait pas l’appétit pour la junk food.

Mais ces petits luxes leur rongent la santé, et pourtant, ils continuent à se ruer dessus. Selon une étude de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation française publiée en mars 2021, la consommation de fastfood et autres crasses n’a fait qu’exploser dans l’Hexagone ces 10 dernières années, et ce, malgré les innombrables campagnes de prévention sur les dangers que ce genre de nourriture représente. Un Français sur 10 seulement déclare éviter la restauration rapide, 36 % des interrogés adultes consomment de 1 à 3 fois par mois ce type de nourriture (contre 18 % auparavant) et 41 % des plus jeunes, contre seulement 22 % il y a 10 ans.

Les Belges, champions d’Europe au rayon boissons sucrées

Quant aux sodas, pourtant présentés depuis des années comme de véritables bombes sanitaires à retardement, la France se situe un peu sous la moyenne du classement avec 8% de sa population qui déclare en consommer quotidiennement, selon les statistiques d’Eurostat. De tous les peuples d’Europe, ce sont les Belges qui sont le plus accros aux boissons sucrées : ils sont 20% à en boire tous les jours, soit le double de la moyenne européenne.

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