Blocage d’une cargaison de vaccins en partance hors de l’UE: ‘La lutte contre le coronavirus est menacée’, affirme le Royaume-Uni

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Le Royaume-Uni est mécontent du fait que l’Italie ait bloqué l’exportation de 250.000 doses du vaccin AstraZeneca qui étaient en partance pour l’Australie. Son Premier ministre, Boris Johnson, a estimé que cela ‘mettait en danger notre lutte commune contre le coronavirus’.

Tout a commencé jeudi, lorsque l’exportation d’une cargaison de 250.000 doses du vaccin AstraZeneca, qui devait être envoyée en l’Australie, a été bloquée en Italie, avec l’approbation de la Commission européenne.

Mécanisme de surveillance et d’autorisation des exportations

L’Italie a ainsi fait usage du mécanisme de surveillance et d’autorisation des exportations, mis en place par l’Union européenne depuis la fin janvier et destiné à contrôler les flux de vaccins fabriqués sur le territoire de l’UE et exportés à l’étranger.

Cette surveillance supplémentaire a été mise en place après que la firme pharmaceutique britannico-suédoise AstraZeneca ait annoncé qu’elle ne serait pas en mesure de livrer le nombre de doses promises à l’UE par contrat. La Commission européenne a rapidement craint que ces vaccins n’aient été entretemps vendus à des pays tiers.

Le Premier ministre italien Mario Draghi a récemment demandé, lors d’un sommet virtuel avec les chefs de gouvernement européens, d’appliquer plus strictement le mécanisme de surveillance et d’autorisation des exportations. Peu de temps après, il a joint le geste à la parole. C’était une première dans l’UE, alors qu’avant cela, quelque 150 demandes d’exportation avaient déjà été approuvées.

Mais l’intransigeance italienne pourrait donner des idées à d’autres États membres. Ce vendredi, le ministre français de la Santé, Olivier Veran, a déclaré sur BFMTV qu’il ‘comprenait’ la décision de l’Italie. Avant d’ajouter: ‘Nous pourrions faire la même chose.’

Coopération internationale

Selon le Royaume-Uni, un blocus mettrait toutefois en danger la lutte contre le coronavirus. ‘La reprise mondiale dépend de la coopération internationale. Nous dépendons tous des chaînes d’approvisionnement mondiales. L’imposition de restrictions compromet les efforts communs pour combattre le virus’, a réagi un porte-parole de Boris Johnson auprès de Reuters.

‘Le Premier ministre britannique a rencontré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, au début de l’année. Au cours de cette entrevue, elle avait confirmé que le mécanisme de surveillance et d’autorisation des exportations visait la transparence et n’avait pas pour but d’imposer des restrictions à l’exportation. Nous attendons de l’UE qu’elle tienne cette promesse’, a ajouté le porte-parole.

L’Australie a demandé à la Commission européenne de reconsidérer cette restriction à l’exportation. Selon le gouvernement australien, le pays a besoin de ces vaccins dans l’attente de sa propre production nationale.

Le Premier ministre australien, Scott Morrison, a déclaré lors d’une conférence de presse qu’il comprenait la situation précaire en Italie. ‘Quelque 300 personnes meurent chaque jour dans le pays à cause du coronavirus. Nous pouvons donc comprendre la grande inquiétude des Italiens. Ils se trouvent dans une situation de crise omniprésente. Ce n’est pas le cas en Australie.’