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Vous vous souvenez des belles promesses d’Elon Musk pour sa gestion de Twitter ? La plupart sont restées dans le vent, en voici la preuve

Vous vous souvenez des belles promesses d’Elon Musk pour sa gestion de Twitter ? La plupart sont restées dans le vent, en voici la preuve
Elon Musk (Photo by John Shearer/Getty Images)

Le règne d’Elon Musk sur Twitter n’a pas grand-chose à voir avec ce qu’il avait promis avant de son arrivée comme « chief twit » du réseau social, et cela semble aller en empirant.

Pourquoi est-ce important ?

Elon Musk avait promis de grands changements lorsqu'il prendra la tête du réseau social - et sur ce coup, on ne peut pas lui donner tort. Mais la tendance va plutôt dans le sens contraire de ce que le milliardaire avait initialement annoncé, avec une stratégie d'abonnement agressive et une restriction apparente de la liberté d'expression.

Zoom arrière : Il y a à peu près un an, on apprenait qu’Elon Musk était devenu le principal actionnaire de Twitter. Peu après, il faisait une offre d’achat à 44 milliards de dollars. Une saga longue de plusieurs mois plus tard, une procédure d’acquisition mise sur pause, un procès prévu puis annulé après l’achat final du milliardaire, il est l’heure de faire le point sur le règne d’Elon Musk.

Une plus grande liberté d’expression ?

Flashback : Lorsqu’il avait annoncé son intention d’acquérir Twitter, Elon Musk avait clamé haut et fort sa volonté de maximiser la liberté d’expression sur le réseau social.

  • « Par ‘liberté d’expression’, j’entends simplement ce qui est conforme à la loi. Je suis contre la censure qui va bien au-delà de la loi. Si les gens veulent moins de liberté d’expression, ils demanderont au gouvernement d’adopter des lois à cet effet », avait-il indiqué dans un tweet en avril 2022.
  • Une annonce qui avait d’ailleurs inquiété certaines organisations sur une plus grande marge de manœuvre pour les discours intolérants ou d’extrême droite.
  • D’autres craignaient que cela ne signifie le retour de Donald Trump sur la plateforme, banni après l’assaut du capitole par ses partisans le 6 janvier 2021.

En réalité : La liberté d’expression semble au contraire avoir été restreinte depuis l’arrivée du « chief twit » en octobre.

  • Le milliardaire a censuré de nombreux tweets qui ne lui convenaient pas.
  • Il a également banni plusieurs journalistes de la plateforme fin 2022, tous ayant écrit de façon péjorative au sujet d’Elon Musk dans les semaines précédentes.
  • Musk avait allégué dans des tweets que les journalistes avaient violé sa nouvelle politique de « doxxing » en partageant son emplacement « exact en temps réel », équivalant à des « coordonnées d’assassinat ».
    • Sauf qu’aucun des journalistes bannis n’avait partagé son emplacement précis et en temps réel.
  • Musk les avait finalement autorisés à revenir, mais à condition qu’ils suppriment les tweets qui ne lui convenaient pas.
  • Twitter avait en outre accepté la demande de l’Inde de supprimer tous les tweets faisant référence à un documentaire de la BBC critiquant le Premier ministre Narendra Modi.
  • Et après de nombreux tweets antisémites, Kanye West a fini par être banni de la plateforme, à l’instar de son ami Trump un an plus tôt. Une décision qui est plutôt contradictoire avec le concept de « liberté d’expression maximale » tant vanté par Musk.

Flashback : Elon Musk avait par ailleurs promis que les « changements de politique majeurs » sur le réseau social seraient soumis un vote par sondage, donnant davantage voix au chapitre pour les utilisateurs.

  • Le milliardaire l’avait annoncé à la suite de critiques pour avoir interdit les liens sur Twitter menant à d’autres réseaux sociaux, une sorte de concurrence, dans la tête de l’homme d’affaires.
  • « Mes excuses, cela ne se reproduira plus » sans un vote préalable, avait-il promis.

La réalité : On ne compte plus les changements de politique qu’Elon Musk a depuis mis en œuvre sans demander l’avis des utilisateurs.

  • La cerise sur le gâteau : Musk avait promis de demander leur avis par sondage, or il a annoncé il y a quelques jours seulement que ces derniers ne seront bientôt plus accessibles qu’aux abonnés payants.
  • Autre restriction minimisant la voix et la portée des utilisateurs non payants : ils ne verront plus leurs tweets être proposés dans la section « Pour vous ».

Une démission toujours attendue

Flashback : En parlant de sondages, Elon Musk avait demandé en décembre aux utilisateurs s’il devait quitter le poste de CEO de l’entreprise.

  • Il avait promis de respecter les résultats du sondage, et donc de démissionner de la tête de Twitter si tel était la volonté de la twittosphère.
  • Résultats : 57,5% de votes en faveur de sa démission, pour un total de 17 502 391 votes.

La réalité : Aux dernières nouvelles, Elon Musk dirige toujours l’entreprise, et d’une main de fer, qui plus est.

  • Après la publication des résultats, le fondateur de Tesla avait finalement indiqué qu’il ne démissionnerait que quand il trouverait « quelqu’un d’assez fou pour accepter le poste ». C’est bien pratique.
  • « Je dois stabiliser l’organisation et m’assurer qu’elle est financièrement saine et que la feuille de route des produits est clairement établie », avait-il ensuite explicité, jugeant que la fin de l’année serait « un bon moment » pour passer le relais. Une déclaration à prendre avec des pincettes, quand on connaît ses antécédents.

La chasse aux bots… Ou aux utilisateurs non payants ?

Flashback : Après avoir proposé d’acheter Twitter, Elon Musk s’était rétracté, mentionnant notamment le nombre de « bots » bien plus élevé que ce que l’entreprise avait annoncé.

  • Depuis, il avait assuré qu’en tant que nouveau propriétaire, il travaillerait d’arrache-pied pour « authentifier tous les humains » sur Twitter.

En réalité : Sa méthode suggère qu’Elon Musk chasse plutôt les utilisateurs (humains) non payants.

  • Le milliardaire a supprimé les coches « officielles » de nombreuses personnalités publiques, les obligeant à payer un abonnement « Twitter Blue » à 8 dollars par mois pour bénéficier d’un compte certifié.
  • Une bonne excuse : Elon Musk affirme que la fonction payante est nécessaire pour lutter contre les « bots », car elle augmenterait le coût de l’utilisation des bots et faciliterait donc leur identification.

Flashback : Pendant ce temps, d’autres fonctionnalités sont encore attendues, comme celle indiquant aux utilisateurs s’ils ont été « bannis dans l’ombre ».

  • Elon Musk avait déclaré en décembre que « Twitter travaille sur une mise à jour logicielle qui montrera le véritable statut de votre compte, afin que vous sachiez clairement si vous avez été banni, la raison pour laquelle et comment faire appel ».

En réalité : Toujours rien à l’horizon.

Flashback : D’autres promesses de transparence sont restées lettre morte : l’accès de l’algorithme de Twitter en open source.

  • Elon Musk a promis à plusieurs reprises qu’il rendrait public l’algorithme selon lequel Twitter recommande des tweets aux utilisateurs.
  • Il l’a fait lors de son acquisition en octobre, puis l’a répété le 21 février, indiquant que cela serait fait « la semaine prochaine ».

En réalité : Le milliardaire assure désormais que ce sera publié le 31 mars. Réponse ce vendredi, donc, pour savoir si cette promesse sera tenue.

Flashback : Car Elon Musk a réduit ses effectifs à tour de bras depuis son arrivée, près de 75% des emplois ayant disparu.

  • Pour redorer son blason, le CEO s’est vanté d’avoir offert aux employés licenciés trois mois d’indemnité de départ.
  • Une indemnité selon lui 50% supérieure à ce qui était légalement requis de l’entreprise.

En réalité : Des mois après avoir leur mise à la porte, de nombreux employés n’ont bénéficié que d’un mois de salaire en échange de l’acceptation de diverses conditions générales.

  • Le montant est par ailleurs nettement inférieur à celui fourni par d’autres sociétés technologiques comme Meta, qui a également licencié des milliers de travailleurs et leur a garanti 16 semaines de salaire de base, plus deux semaines supplémentaires pour chaque année où ils étaient employés dans l’entreprise.
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