Après la pluie, cet autre danger qui guette le champagne

Les vendanges de cette année s’annoncent catastrophiques. La météo n’a vraiment pas été clémente pour les vignes et, comme si ça ne suffisait pas, la pluie entraine la prolifération de maladies.

Le Comité interprofessionnel du vin de Champagne (CIVC) sonne le tocsin : le millésime 2021 de son nectar à bulles est en danger. Les récoltes s’annoncent peu prometteuses, voire catastrophiques. L’association de producteurs estime qu’il y aura 20 à 25% de pertes par rapport au rendement attendu des 34.000 hectares de vignes de la région champenoise.

Que d’eau, que d’eau

Pour ces vendanges peu abondantes, il faut blâmer les pluies de cette première partie de l’été, bien trop importantes selon Maxime Toubart, président du Syndicat général des vignerons (SGV): « En deux mois, il a plu 300 millimètres d’eau. C’est énorme surtout quand la vigne a besoin de soleil pour mûrir ! »

Mais les précieux raisins ne sont pas victimes que des caprices de la météo, car l’humidité favorise l’arrivée d’un nouveau péril bien plus redoutable encore : le mildiou. Un nom bien désuet pour désigner toute une série de maladies provoquées par des microorganismes oomycètes parfois qualifiés de « pseudo-champignons ». Et qui peuvent prendre des proportions épidémiques, jusqu’à ravager des récoltes entières de tomates, de pommes de terre, ou de raisins.

« Les milliers d’hectares de la vallée de la Marne ainsi que quelques secteurs de l’Aube sont particulièrement touchés par ce champignon qui aime l’humidité et la chaleur », déplore Maxime Toubart. « Dans la Marne, les secteurs du Sézannais, de la Côte des Blancs et d’une partie de la Montagne de Reims sont pour le moment épargnés, mais la maladie gagne du terrain. » Du jamais vu depuis 2012.

Le champignon d’Amérique

Plasmopara viticola, le mildiou de la vigne, vient d’Amérique et n’est apparu que très tardivement en Europe : il est attesté pour la première fois en Aquitaine en 1878. Les vignes du Vieux Continent n’ont donc, à l’origine, aucune adaptation leur permettant de résister à ce parasite invasif. Celui-ci ne peut se reproduire qu’à l’intérieur des tissus de la vigne, les feuilles en particulier. Jusqu’à détruire rapidement une plante qui a pris des dizaines d’années à grandir avant de donner des fruits.

Le mildiou est connu des vignerons, qui appliquent des mesures préventives, en drainant les sols et en appliquant par avance des antifongiques. Et le secteur espère enrayer cette crise avec les « réserves stratégiques » interprofessionnelles du secteur : les producteurs qui dépassent leurs quotas peuvent enrayer les pertes des autres. Et la quantité de raisins n’influence pas sur la qualité du millésime. Reste que si les mauvaises récoltes s’enchainent plusieurs années de suite, la situation peut véritablement virer à la crise.

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