Les coûts du F-35 montent en flèche et découragent les acheteurs internationaux


Principaux renseignements

  • La flambée des coûts liés au cycle de vie fait du F-35 un fardeau financier considérable pour les partenaires internationaux.
  • Des prévisions erronées et des avertissements ignorés ont fait grimper les dépenses prévues du Danemark de 25 pour cent.
  • La Suisse a réduit considérablement sa commande d’avions pour faire face à la flambée des prix d’acquisition.

Le chasseur furtif F-35, qui constitue déjà l’initiative la plus coûteuse de l’histoire du département américain de la Défense, devient un fardeau de plus en plus onéreux pour ses partenaires internationaux. Des analyses financières récentes ont révélé une tendance à la hausse des dépenses liées au cycle de vie, ce qui a conduit l’Institut international d’études stratégiques (IISS) à décrire la situation comme consistant à payer plus pour obtenir moins.

Explosion budgétaire au Danemark

Au Danemark, un premier audit réalisé depuis près d’une décennie par la Cour des comptes (Rigsrevisionen) a mis au jour un déficit financier important. Le coût prévu pour l’exploitation des avions sur une période de 30 ans est passé d’une estimation initiale de 7,64 milliards d’euros à environ 9,53 milliards d’euros.

Cette augmentation de 25 pour cent résulte de coûts opérationnels plus élevés que prévu, de la hausse des salaires du personnel et des dépenses liées à la maintenance mondiale et aux mises à niveau des systèmes. Malgré cette hausse de près de 1,89 milliard d’euros, le Danemark pourrait tout de même chercher à acquérir 16 appareils supplémentaires.

Contraintes de l’OTAN

Les auditeurs ont critiqué les responsables danois de la défense pour avoir utilisé des prévisions trop optimistes et ne pas avoir mis à jour les projections de coûts pendant dix ans. Ils ont noté que les avertissements du bureau du programme F-35 avaient été ignorés et que l’impact financier du retrait de la Turquie du projet — qui a réduit les économies d’échelle — avait été négligé.

On craint désormais que ces dépassements ne nécessitent soit une augmentation du financement global de la défense, soit des coupes budgétaires dans d’autres secteurs militaires. En raison de ses obligations envers l’OTAN, le Danemark ne peut pas simplement réduire sa commande, car il a déjà pris livraison de 23 avions.

Les auditeurs danois ont recommandé des évaluations financières plus fréquentes pour les achats majeurs, en particulier lorsque les avions font encore l’objet d’importantes mises à niveau matérielles et logicielles.

Réductions des achats suisses

De même, la Suisse a été contrainte de revoir ses ambitions à la baisse en raison de la hausse des prix. Alors qu’il prévoyait initialement d’acheter 36 avions F-35A Lightning II, le ministère suisse de la Défense a ramené sa commande à 30 appareils pour respecter son budget.

Cet achat représente l’acquisition de défense la plus coûteuse de l’histoire de la Suisse, une situation encore compliquée par des négociations au cours desquelles le prix de la flotte initialement prévue aurait pu grimper d’environ 1,3 milliard de francs suisses (1,41 milliard d’euros). (fc)

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