L’Algérie est le premier client international du bombardier Su-34ME russe


Principaux renseignements

  • L’Algérie est devenue le premier opérateur international du bombardier Su-34ME.
  • La Russie a réduit la commande initiale de 40 à 14 appareils.
  • Les ventes à l’exportation fournissent à Moscou des devises fortes indispensables malgré les pertes subies par la flotte nationale.

L’Algérie est officiellement devenue le premier client international du bombardier Su-34ME, avec la livraison d’un premier lot de quatre appareils. Ces avions, dotés d’un camouflage maritime, ont été transportés de l’usine de Novossibirsk à la base aérienne de Languet au début de l’année 2026.

Dès le mois de mars de cette année-là, les nouveaux bombardiers participaient déjà à des manœuvres de l’armée de l’air algérienne aux côtés de modèles Su-24MK. Selon des informations d’AviVector, d’autres appareils, peints en camouflage désert, sont actuellement en phase d’essais sur les aérodromes de Ramenskoye et d’Akhtubinsk.

Inquiétudes concernant la production

Bien que l’accord de 2019 prévoyait initialement l’achat de 40 appareils, les données actuelles indiquent que la commande a été ramenée à 14 unités. La livraison de ces appareils soulève des questions quant à la capacité de production de la Russie, l’industrie n’ayant produit en moyenne que 10 Su-34 par an entre 2022 et 2024.

Cela est d’autant plus frappant que l’armée de l’air russe a elle-même subi la perte d’au moins six Su-34 en 2025 en raison d’actions de combat et d’accidents.

Modifications techniques

Les variantes algériennes présentent des modifications techniques distinctes par rapport aux versions utilisées par les Forces aérospatiales russes. Ces améliorations comprennent des capteurs d’alerte radar positionnés au-dessus et en dessous du cockpit, similaires à ceux du Su-35, et un phare d’atterrissage sur le train avant rappelant celui du Su-57.

Malgré ces améliorations visibles, les armements spécifiques fournis avec l’appareil restent classifiés. On ignore pour l’instant si l’Algérie les utilisera pour des munitions non guidées, des bombes à guidage de précision ou des missiles à longue portée comme le Kh-59.

Motivations économiques

La décision de la Russie de donner la priorité à cette exportation plutôt qu’au réapprovisionnement de sa propre flotte épuisée pourrait être motivée par des besoins économiques et stratégiques. Il est essentiel de maintenir une présence sur le marché mondial de l’armement, d’autant plus que 85 pour cent du matériel militaire de l’Algérie est d’origine soviétique ou russe.

De plus, l’exécution de ces contrats permet à Moscou de s’assurer des devises fortes indispensables pour maintenir son secteur de la défense opérationnel, bien que les conditions financières exactes de l’accord n’aient pas été divulguées. (fc)

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