L’UE resserre l’étau autour d’Amazon suite à une enquête de deux longues années

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L’Union européenne prévoit d’engager des poursuites antitrust contre le géant de l’e-commerce. Dans son collimateur: le traitement réservé aux vendeurs tiers, révèle le Wall Street Journal.

Selon des sources proches du dossier, cette plainte pourrait être déposée dans le courant de cette semaine ou la semaine prochaine. La Commission européenne et l’équipe chargée de cette affaire feraient circuler un projet de fiche d’inculpation depuis quelques mois déjà.

La formulation d’accusations serait en réalité la dernière pierre apportée à une enquête longue de deux ans. Celle-ci vise des allégations de mauvais traitements infligés par Amazon aux vendeurs qui utilisent sa plateforme de vente en ligne.

‘Ces accusations découlent du double rôle d’Amazon en tant qu’opérateur du marché et vendeur de ses propres produits’, ont indiqué les sources au média américain. L’Union européenne accuse l’entreprise de profiter de son statut pour recueillir des données auprès de vendeurs tiers et les utiliser pour leur faire concurrence, en lançant par exemple des produits similaires.

Une amende de 10 % de son chiffre d’affaires

L’étau s’est resserré autour d’Amazon en avril dernier. D’anciens employés ont confirmé au Wall Street Journal que l’entreprise utilisait parfois les données d’autres vendeurs pour développer des produits concurrents. Elle passerait par un analyste commercial pour créer des rapports contenant des informations restreintes ou des données provenant exclusivement ou presque entièrement d’un seul vendeur. C’est sur ce même type de comportement que l’UE est en train de se pencher.

Les conséquences pour Amazon pourraient être salées. L’entreprise avait nié dans une déclaration sous serment l’an dernier ‘avoir utilisé les données de vendeurs individuels directement pour concurrencer d’autres entreprises sur la plateforme’. Suite à l’article du Wall Street Journal, le Congrès américain a d’ailleurs demandé si Amazon n’avait pas menti devant le Congrès.

De l’autre côté de l’Atlantique, il faudrait encore patienter au moins un an pour que la Commission et la ‘tax lady’ Margrethe Vestager décident si Amazon a enfreint les lois sur la concurrence. Le cas échéant, elle pourra infliger à l’entreprise une amende pouvant atteindre 10 % de son chiffre d’affaires annuel, mais aussi la forcer à modifier certaines pratiques commerciales. Amazon pourra toujours contester une telle décision devant un tribunal européen.

Pour l’heure, la société de Jeff Bezos refuse toute demande de commentaire. Mais l’entreprise a déjà nié par le passé de telles accusations d’abus, déclarant que les détaillants sur la plateforme vendent généralement leurs propres marques de distributeur (MDD).

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