À peine sortis de l’Accord de Paris sur le climat, les États-Unis pourraient déjà bientôt le réintégrer

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Le 4 novembre, les États-Unis sont officiellement sortis de l’Accord de Paris. Donald Trump en avait fait la promesse lors de sa campagne électorale. Son adversaire, Biden, promet à son tour de le réintégrer dès son premier jour de mandat, s’il est élu.

En juin 2019, Donald Trump a d’abord exprimé son intention de retirer les États-Unis de l’accord de Paris sur le climat. Selon lui, les objectifs du traité porteraient atteinte à l’économie américaine. Il a officiellement annoncé la demande de retrait en novembre 2019.

Exactement un an plus tard, le divorce est effectif et les États-Unis sont officiellement délivrés de leurs obligations. L’Accord de Paris, établi en 2016, à la suite de la COP 21, ambitionne de maintenir la hausse de la température mondiale en dessous de 1,5°C par rapport au niveau préindustriel. Cela implique, entre autres, des actions pour atteindre la neutralité carbone et un désinvestissement dans les énergies fossiles.

Dans un tweet ce mardi, Joe Biden a déclaré très clairement qu’il avait pour but de réintégrer l’Accord, ‘dans 77 jours’, soit dès le premier jour de son mandat, s’il est élu.

Les États-Unis sont nécessaires

Les climatologues reconnaissent que sans la puissance financière et diplomatique des États-Unis, il sera beaucoup plus difficile de ramener le réchauffement climatique à des niveaux acceptables.

‘Il sera beaucoup plus difficile de réaliser les ambitions en matière de changement climatique à court terme’, a reconnu Thom Woodroofe, conseiller à l’Asia Society Policy Institute. Il précise toutefois que des pays, reconnus pour être de grands pollueurs, ont déjà pris des décisions pour réduire significativement la production de CO2 dans quelques années.

La Chine, le Japon et la Corée du Sud se sont tous engagés à devenir neutres en carbone ces dernières semaines. L’Union européenne avait déjà pris cette décision il y a un bout de temps. Cependant, si les États-Unis rejoignaient les accords de Paris sur le climat, ces efforts auraient un impact bien plus grand.’

Du côté des privés, plusieurs investisseurs européens et américains, dont ensemble, le portefeuille d’actif représente plus de 30 milliards de dollars, ont déjà exhorté le président américain à rester dans l’accord. ‘Sinon, le pays risque de rater le mouvement mondial vers une économie à faible émission de carbone’, ont-ils soutenu.

Taux de CO2

Il y a 15 ans, Barack Obama s’était engagé à réduire les émissions américaines d’environ 27% d’ici 2025. Si Biden est élu, il pourrait se montrer plus gourmand, en augmentant les objectifs. Lors de sa campagne, il a effectivement promis un taux d’émission à zéro d’ici la moitié de ce siècle. Cela s’accompagnerait d’un plan d’investissement de 2 000 milliards de dollars pour transformer l’économie américaine.

Selon les calculs de l’institut de recherche Rhodium Group, les États-Unis auraient déjà fait baisser leur taux de CO2 de 21% en 15 ans.

Par contre, si Trump gagne, les émissions de CO2 pourraient croitre de plus de 30% au cours de 15 prochaines années par rapport à 2019. Une mauvaise nouvelle pour le climat et l’environnement.