Principaux renseignements
- Votre salaire net pourrait changer à partir de novembre. Mais qui y gagnera et qui verra son salaire baisser légèrement ?
- Vous commandez régulièrement en dehors de l’UE ? Une nouvelle redevance européenne pourrait également rendre vos achats en ligne plus chers.
- L’indice pivot refait surface. Quand cela se ressentira-t-il concrètement sur votre salaire, votre retraite ou vos allocations ?
Le mois de novembre apporte plusieurs changements pour le consommateur belge. Les nouvelles règles fiscales se refléteront sur la fiche de paie, tandis que les acheteurs en ligne pourraient devoir faire face à des prix plus élevés en raison d’une nouvelle redevance européenne sur les colis en provenance de pays hors UE. Par ailleurs, le gouvernement fédéral réforme la lutte contre la fraude financière et le blanchiment d’argent. Et bien que l’indice pivot devrait à nouveau être dépassé ce mois-ci, les conséquences sur les salaires, les pensions et les allocations ne se feront sentir que plus tard.
Votre salaire net change : qui y gagne et qui y perd ?
À partir de novembre, les nouvelles mesures fiscales fédérales seront intégrées dans le calcul mensuel du précompte professionnel. De nombreux salariés remarqueront donc une différence sur leur fiche de paie. La réforme augmente notamment le montant exonéré d’impôt, ce qui profitera surtout aux personnes seules sans enfants. Pour elles, le salaire net pourrait augmenter d’environ 8,47 euros par mois. Tout le monde ne bénéficie toutefois pas des nouvelles règles. Les familles ayant trois enfants ou plus pourraient, par exemple, voir leur salaire net diminuer, car certains suppléments à la quotité exemptée d’impôt restent temporairement plafonnées. La réduction progressive du quotient conjugal a également des conséquences pour les couples mariés et les partenaires dont les revenus sont très disparates.
L’ampleur de la différence dépendra en fin de compte de différents facteurs, notamment le salaire brut, la situation familiale et le lieu de résidence. Ainsi, une personne gagnant 3 500 euros bruts par mois et dont le partenaire n’a pas de revenus pourrait voir son salaire net augmenter de 16,94 euros par mois. En revanche, avec un salaire brut de 6 000 euros, le salaire net pourrait baisser de près de 19 euros dans une situation comparable. À Bruxelles aussi, des changements sont à prévoir : la majoration fiscale régionale sur l’impôt des personnes physiques sera réduite à partir de 2027, ce qui pourrait apporter un avantage financier supplémentaire aux habitants.
Une nouvelle redevance européenne pourrait rendre les achats en ligne plus coûteux
Les personnes qui commandent sur des boutiques en ligne situées en dehors de l’Union européenne doivent tenir compte d’une nouvelle mesure européenne. À compter du 1er novembre 2026, une redevance de traitement permanente de 2 euros s’appliquera à ce type d’envois. Ces frais ne sont pas calculés sur la base de la valeur totale du colis, mais en fonction du nombre de types de produits différents par colis. Par exemple, une personne qui commande un colis contenant uniquement des t-shirts paiera une redevance de 2 euros. Si l’envoi contient à la fois des t-shirts et des casquettes, ce montant s’élèvera à 4 euros. Ces nouveaux frais s’ajoutent à la taxe existante de 3 euros applicable aux petits colis.
Avec cette mesure, l’Union européenne souhaite mieux gérer le flux important de petits colis importés et couvrir les coûts liés au dédouanement. L’année dernière, près de six milliards de petits colis sont entrés dans l’UE, dont environ 93 pour cent provenaient de Chine. Ces frais ne seront pas facturés directement aux consommateurs, mais les vendeurs et les plateformes de commerce en ligne telles que Temu, AliExpress et Amazon peuvent décider de répercuter ces coûts supplémentaires en augmentant leurs prix de vente. Les consommateurs belges pourraient donc également en ressentir l’impact lorsqu’ils passent commande en dehors de l’UE.
La Belgique se dote d’un nouveau cadre fédéral de lutte contre la fraude et le blanchiment d’argent
À compter du 1er novembre, le gouvernement fédéral va profondément remanier sa stratégie de lutte contre la fraude fiscale et le blanchiment d’argent. Quatre organismes antifraude existants disparaîtront pour laisser place à un cadre de coordination fédéral unique. Cette réforme vise à mettre fin à l’approche fragmentée qui a vu différents services publics travailler en parallèle pendant des années. Selon le gouvernement, cette situation est de plus en plus difficile à concilier avec le fonctionnement de la criminalité financière organisée. Cette problématique a notamment été abordée au sein de la commission d’enquête parlementaire sur les Panama Papers, qui avait déjà souligné le caractère transfrontalier des réseaux criminels.
Le nouveau cadre se compose d’un comité ministériel, chargé de la direction politique et stratégique, et d’un collège chargé d’améliorer la coopération et l’échange d’informations entre les services concernés. Cette réforme fait également suite aux recommandations internationales du Groupe d’action financière (GAFI), qui a exhorté la Belgique à renforcer la coordination nationale en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et la fraude. Les compétences existantes, notamment celles de l’Inspection spéciale des impôts, des services d’inspection sociale et de la Cellule de traitement des informations financières, sont maintenues. Les règles relatives aux enquêtes, aux poursuites et aux sanctions restent également inchangées.
L’indice pivot à nouveau dépassé : qu’est-ce que cela signifie pour vos revenus ?
Selon les prévisions actuelles, l’indice pivot devrait à nouveau être dépassé en novembre. Cela ne signifie pas pour autant que tout le monde percevra immédiatement ce mois-ci une augmentation de salaire, de pension ou d’allocation. Les conséquences ne se feront sentir que plus tard : les allocations sociales, les retraites et les salaires des fonctionnaires devraient augmenter de 2 pour cent à partir de février 2027. Pour les salariés du secteur privé, la date et l’ampleur d’une éventuelle augmentation salariale dépendent des accords conclus au sein de leur commission paritaire. Certains secteurs procèdent à une indexation annuelle à une date fixe, d’autres suivent un système différent. L’« indexation en centimes » joue également un rôle à cet égard et peut limiter l’augmentation finale.
De plus, ce dépassement prévu n’est pas encore définitif. Le Bureau fédéral du Plan publiera le 3 novembre de nouvelles prévisions d’inflation qui devraient apporter davantage de clarté. Le dernier dépassement de l’indice pivot a eu lieu en juin 2026, à la suite duquel les allocations sociales et les salaires des fonctionnaires ont été indexés en septembre. En cas de nouveau dépassement en novembre, la prochaine adaptation interviendra, selon les prévisions actuelles, en février 2027.
Il est donc important pour les salariés du secteur privé de connaître les règles d’indexation propres à leur secteur : en effet, l’indice pivot ne détermine pas pour tout le monde le même moment ni la même augmentation salariale.
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