Principaux renseignements
- L’UE ne dispose pas d’un nombre suffisant de navires de guerre pour sécuriser les voies maritimes commerciales de la mer Rouge.
- Des pénuries techniques et des retards de maintenance entravent la mission ASPIDES.
- Les États membres doivent fournir davantage de frégates de défense aérienne pour répondre aux besoins du transport maritime.
L’Union européenne n’est actuellement pas en mesure de déployer l’ensemble du contingent naval nécessaire pour sécuriser les voies maritimes commerciales en mer Rouge. L’opération EUNAVFOR ASPIDES s’est fixé un objectif de 10 navires de guerre pour atteindre efficacement ses objectifs, mais elle reste en deçà de ce seuil.
Par conséquent, les autorités européennes ont admis qu’elles ne pouvaient pas répondre à toutes les demandes de protection des navires émanant des compagnies maritimes, d’autant plus que les dangers persistent près du détroit de Bab el-Mandeb.
Un appel à l’augmentation des ressources
Kaja Kallas, haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, a attiré l’attention sur ce déficit à la mi-octobre. S’adressant au Parlement européen, elle a exhorté les États membres à honorer leurs engagements, soulignant que le manque actuel de moyens crée un écart significatif entre les ressources navales disponibles et la demande d’escorte.
Créée en février 2024, l’opération ASPIDES s’inscrit dans un cadre défensif et a pour mission la surveillance et la protection des navires de fret. Cette mission nécessite des navires capables de supporter des déploiements de longue durée et de repousser efficacement les attaques aériennes. Cependant, la difficulté à maintenir une présence constante met en évidence le défi plus général auquel sont confrontées les marines européennes : trouver un équilibre entre les déploiements de combat actifs, l’entretien nécessaire de la flotte et d’autres missions stratégiques.
Menace liée aux missiles et aux drones
La crise n’est pas seulement une question de quantité, mais aussi de capacités techniques. Le mouvement houthiste au Yémen utilisant des missiles et des drones, la mission nécessite spécifiquement des frégates équipées de systèmes de défense aérienne sophistiqués et de technologies de surveillance avancées.
La diversité des armements et des capacités des capteurs entre les différents États membres de l’UE signifie que seul un nombre limité de navires est réellement apte à mener à bien ces missions à haut risque.
La Belgique et les Pays-Bas
Si des pays comme la Belgique et les Pays-Bas se sont engagés à apporter leur soutien, des obstacles pratiques subsistent. Par exemple, selon certaines informations, la frégate belge « Léopold Ier » pourrait ne pas être disponible avant 2027 en raison de problèmes techniques, et les contributions néerlandaises s’accompagnent de restrictions opérationnelles spécifiques.
Le défi d’un déploiement durable
Ces contraintes logistiques rendent difficile le maintien d’une force durable. La coordination des déploiements nécessite un équilibre complexe entre les rotations d’équipage et les calendriers d’entretien, ce qui oblige les marines européennes à mettre en balance l’urgence de la crise en mer Rouge et l’état de préparation global de leurs flottes. Tant que des navires de guerre plus performants ne seront pas déployés, l’opération ASPIDES restera incapable de répondre pleinement aux besoins de protection de la navigation marchande, ce qui met en évidence la difficulté de gérer une opération navale multinationale dans une zone à haut risque. (fc)
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

