Principaux renseignements
- Selon Vladimir Poutine, l’Europe nuit à sa propre industrie en renonçant à l’énergie russe.
- Selon Poutine, l’instabilité du marché de l’énergie nécessite des stratégies d’approvisionnement coordonnées, similaires à celles de l’OPEP+.
- Les contrats à long terme doivent stimuler les investissements mondiaux afin de garantir la sécurité énergétique future.
Lors du huitième Forum des pays exportateurs de gaz (GECF), Vladimir Poutine a déclaré que l’Europe nuisait à sa propre stabilité économique et à sa cohésion sociale en se détournant de l’énergie russe. Il a affirmé que les tentatives visant à marginaliser la Russie au sein du commerce mondial du gaz entraînaient de graves conséquences, principalement sous la forme de coûts exorbitants pour les ménages et les entreprises.
Selon Poutine, en ignorant les accords à long terme et en renonçant aux livraisons russes, l’Union européenne a en réalité saboté son propre secteur industriel ; il a illustré cette situation par un proverbe sur les dangers de la conspiration contre autrui.
Tensions géopolitiques
Le dirigeant russe a fait remarquer que le secteur gazier international est actuellement en proie à l’instabilité. Il a attribué cette volatilité à l’aggravation des tensions au Moyen-Orient, qui ont entravé la logistique, ainsi qu’à des attaques délibérées contre des gazoducs russes. Il a par ailleurs indiqué que les barrières commerciales concernant les équipements techniques et les technologies spécialisées avaient aggravé le problème.
Poutine a reconnu les hausses de prix actuelles, mais a prédit que les prix pourraient chuter brutalement. Il a averti que le report ou l’annulation d’investissements majeurs pourrait entraîner des déséquilibres durables sur le marché.
Approvisionnement
Selon Poutine, on observe actuellement une pénurie d’approvisionnement en gaz face à une demande stable. Il a encouragé les membres du GECF à améliorer l’efficacité du transport par le biais d’accords d’échange mutuel.
Il a également souligné la flexibilité du gaz naturel liquéfié (GNL), qui représente environ la moitié du commerce mondial du gaz et ne dépend pas de gazoducs fixes. Poutine a évoqué la stabilité du marché pétrolier sous l’égide de l’OPEP+ et a appelé l’industrie gazière à mettre en place des mécanismes de coordination similaires. Il a par ailleurs plaidé en faveur d’une concertation accrue au sein du forum afin de mieux gérer les risques, de protéger les infrastructures et d’harmoniser les stratégies d’approvisionnement.
Coopération technique
Afin de stimuler la croissance des flottes de navires, des installations de traitement et des nouveaux sites d’extraction, Poutine a souligné la nécessité de contrats à long terme, arguant que les investissements ne devaient pas reposer exclusivement sur des hausses de prix temporaires.
Il a également proposé de partager l’expertise technique de la Russie, notamment en matière de modélisation numérique des gisements, de méthodes d’extraction de GNL dans l’Arctique et de production en eaux profondes. Bien qu’il ait noté que la coopération européenne sur les projets dans l’Arctique avait pris fin, il a souligné que les partenariats avec la Chine se poursuivaient et que des discussions avec des entreprises américaines étaient à l’étude.
Réserves mondiales
Concluant par des statistiques de marché, Poutine a rappelé à l’assemblée que les pays du GECF contrôlent 40 pour cent des exportations et 70 pour cent des réserves mondiales de gaz.
Étant donné que le gaz représente un quart du mix énergétique mondial et que sa consommation devrait atteindre 5 500 milliards de mètres cubes par an en 2050, il a réaffirmé la position de la Russie en tant que premier producteur et détenteur de réserves. Il a promis que le pays resterait un fournisseur fiable et a invité les délégués à assister, l’année prochaine, à la dixième Semaine russe de l’énergie à Moscou. (lv)
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