Saab souhaite convaincre le Canada d’acheter le Gripen suédois plutôt que le F-35 américain en faisant fabriquer ces avions sur place


Principaux renseignements

  • Saab souhaite convaincre le Canada d’opter pour le Gripen E en produisant cet avion de combat sur son propre territoire, au Canada.
  • Des partenariats locaux avec IMP, CAE et Magellan favoriseraient l’autonomie industrielle.
  • Ottawa doit choisir entre les capacités de furtivité américaines et la flexibilité économique suédoise.

Saab a proposé une stratégie industrielle globale pour le Canada, suggérant que le choix de l’avion de chasse Gripen E permettrait au pays de produire et d’assurer la maintenance de l’appareil sur son territoire. Pour y parvenir, l’entreprise suédoise a désigné Magellan Aerospace, CAE et IMP comme ses principaux partenaires pour le soutien technique, la formation et la fabrication.

Partenariat avec IMP

Un partenariat stratégique avec IMP impliquerait la création d’une chaîne d’assemblage final nationale, la gestion de l’assemblage électrique et la fourniture d’une maintenance continue. Selon

David Gossen, président d’IMP Aerospace & Defence, cette infrastructure permettrait non seulement de répondre aux besoins canadiens, mais aussi de positionner le pays comme une plaque tournante mondiale pour le soutien et la production du Gripen destinés à d’autres utilisateurs internationaux.

Formation

D’autres contributions techniques proviendraient de Magellan Aerospace, qui a accepté de produire localement des structures composites et aérospatiales sophistiquées. Haydn Martin, de Magellan, a souligné que cette initiative favoriserait la création d’emplois dans le secteur des hautes technologies et renforcerait l’autonomie de la défense nationale.

Parallèlement, CAE gérerait l’ingénierie des systèmes de mission ainsi que la formation des techniciens et des pilotes, en tirant parti de sa relation existante avec l’Aviation royale canadienne.

Construire un écosystème durable

Micael Johansson, PDG de Saab, a souligné que ces alliances visent à construire un écosystème industriel durable, garantissant au Canada des avantages technologiques et souverains à long terme.

Au-delà de ces trois entreprises, Saab explore d’autres liens avec des chercheurs et des établissements universitaires canadiens, bien que tous ces accords dépendent du choix final du gouvernement en matière d’approvisionnement.

Gripen E of F-35

Cette proposition intervient dans le cadre d’une évaluation politique et militaire complexe, alors qu’Ottawa examine les moyens de moderniser sa flotte aérienne. Alors que le Canada s’était précédemment engagé à acheter 88 chasseurs furtifs F-35 à Lockheed Martin dans le cadre d’un contrat de plusieurs milliards de dollars, l’évolution des tensions diplomatiques avec les États-Unis a conduit à une révision de ce projet début 2025. Bien que le F-35 offre une furtivité supérieure et une intégration transparente avec le NORAD et l’OTAN, le Gripen E est présenté comme une alternative plus économique offrant une plus grande flexibilité opérationnelle.

En fin de compte, la décision implique un compromis entre les capacités de furtivité de pointe de l’avion américain et l’autonomie industrielle ainsi que les coûts réduits offerts par le chasseur suédois. Alors que le programme F-35 reste en vigueur pour un premier lot d’appareils, le débat se poursuit quant à savoir si le reste de la flotte devrait être remplacé par le Gripen afin de réduire la dépendance vis-à-vis de la technologie américaine. (fc)

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