Principaux renseignements
- Les tensions diplomatiques avec les États-Unis mettent en péril l’achat de 88 avions de combat F-35 par le Canada.
- Les responsables évaluent des alternatives suédoises afin de garantir la souveraineté nationale.
- L’annulation de la commande de F-35 comporte le risque de lourdes pénalités financières et d’un chaos opérationnel.
La question de savoir si le Canada finalisera finalement l’achat de 88 avions de combat américains F-35 reste en suspens. Cela s’explique par les relations diplomatiques instables entre Ottawa et Washington.
Les récentes tensions géopolitiques alimentent cette incertitude. Le président Donald Trump a par exemple temporairement suspendu l’application de droits de douane importants sur les importations canadiennes, après avoir laissé entendre qu’un accord était imminent. Le Premier ministre Mark Carney a reconnu que, bien que des progrès aient été réalisés, des négociations cruciales étaient toujours en cours.
Un achat sous pression
Le processus d’appel d’offres s’est retrouvé pris dans ces tensions diplomatiques. Bien que l’ancien Premier ministre Justin Trudeau se soit précédemment engagé à remplacer les CF-18 Hornet vieillissants par des F-35, une réévaluation a été lancée en mars dernier.
Cette évaluation, qui a largement dépassé son échéance initiale, a laissé la porte ouverte à d’autres modèles d’avions. Le ministre de la Défense, David McGuinty, a confirmé devant une commission sénatoriale que des options non américaines étaient également envisagées, notamment le Saab Gripen suédois. Le Canada pourrait même envisager une flotte mixte composée de différents types d’avions de combat.
Débat sur la souveraineté
Les avis sur le Gripen divergent fortement. Certains détracteurs affirment que l’avion de combat suédois est moins efficace et plus coûteux, et soulignent qu’une flotte hybride constituerait un échec stratégique.
À l’inverse, certains partisans suggèrent que le choix d’un avion non américain relève de la souveraineté nationale, arguant que cela démontrerait l’indépendance du Canada vis-à-vis de l’influence américaine.
Risques financiers
Malgré le débat qui fait rage, le Canada s’est déjà engagé à acquérir les 16 premiers F-35 et investit dans des pièces détachées pour 14 appareils supplémentaires. Les experts préviennent que le renoncement aux 58 chasseurs restants pourrait entraîner de lourdes pénalités pour rupture de contrat. Celles-ci pourraient même dépasser le coût des avions eux-mêmes.
De plus, le maintien de la commande initiale est considéré par certains comme un moyen de rétablir les relations bilatérales avec les États-Unis.
Calendriers
D’un point de vue militaire stratégique, modifier les plans à ce stade pourrait introduire une complexité inutile. Des analyses internes suggèrent que l’introduction d’un avion différent compliquerait la maintenance, la formation et l’interopérabilité, tout en risquant de nuire aux relations avec Washington.
Les CF-18 devraient être retirés du service en 2032. Selon le calendrier actuel, la première formation sur le F-35 débutera entre 2026 et 2027 en Arizona. L’ensemble de la flotte devrait être opérationnelle en 2033.
Diversification des partenariats en matière de défense
Il est intéressant de noter que le Canada s’est montré disposé à se tourner vers d’autres fournisseurs que les États-Unis dans d’autres domaines. Ottawa a récemment choisi le GlobalEye de Saab pour ses besoins en matière d’avions d’alerte précoce, préférant cette solution à une alternative proposée par Boeing.
Par ailleurs, le Canada a rejoint en tant qu’observateur le Global Combat Air Programme. Dans ce cadre, il collabore avec l’Italie, le Japon et le Royaume-Uni au développement de technologies destinées aux avions de combat de sixième génération pour la décennie à venir. (lv)
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