Principaux renseignements
- Selon le Premier ministre Bart De Wever, la Belgique a besoin d’une réforme en profondeur de sa structure étatique pour relever les défis structurels.
- Les mesures d’austérité traditionnelles ont atteint leurs limites absolues.
- Ne pas respecter la date butoir du budget fixée à octobre risque d’entraîner une grave instabilité économique.
Le Premier ministre Bart De Wever a réaffirmé que la Belgique ne pouvait pas surmonter ses défis systémiques sans une refonte complète de la structure de l’État. S’exprimant devant la commission parlementaire chargée du renouveau constitutionnel et institutionnel, le dirigeant de la N-VA a fait valoir que, même si le gouvernement fédéral pouvait encore gérer une dernière série de coupes budgétaires, toute amélioration supplémentaire devait être de nature institutionnelle.
Cette position le rapproche des ailes les plus radicales de son propre parti, comme le député Sander Loones.
Les limites de l’austérité
Le moment choisi pour ces déclarations est particulièrement stratégique, puisqu’elles interviennent alors même que le gouvernement fédéral entame d’intenses négociations pour trouver 10 milliards d’euros d’économies.
De Wever suggère que les réformes de l’État menées précédemment ont tellement affaibli le niveau fédéral en termes de pouvoirs et de ressources que l’austérité traditionnelle a atteint ses limites, la sécurité sociale représentant désormais la majeure partie des dépenses fédérales.
Le défi du consensus politique
Tout en affirmant qu’il existe un consensus général sur la nécessité d’un changement institutionnel, le Premier ministre a reconnu l’immense difficulté de parvenir à un accord politique. Il a souligné que les visions divergentes des différents partis, tant au sein de la majorité que de l’opposition, font de l’obtention des majorités requises une tâche redoutable. Pour mener à bien une véritable réforme de l’État, une majorité des deux tiers est nécessaire. Or, le gouvernement ne peut pratiquement pas s’en passer du soutien du PS, ce qui semble presque impossible.
Il estime néanmoins que le pays aborde un moment charnière de son histoire communautaire, où une résolution deviendra inévitable.
Risques financiers immédiats
Au-delà du débat structurel, De Wever a mis en garde contre les risques financiers immédiats. Il a averti que l’incapacité à adopter le budget avant la date butoir du 13 octobre pourrait conduire à l’application des « douzièmes » — une situation où les dépenses sont strictement plafonnées à une fraction du budget de l’année précédente.
Il a souligné que le fait d’ignorer la pression croissante des taux d’intérêt pourrait entraîner un scénario économique bien plus préjudiciable pour les entreprises et les citoyens belges.
Les discussions sont déjà en cours
Tout en laissant entendre que des discussions concernant une nouvelle structure de l’État sont déjà en cours en coulisses, le Premier ministre a souligné que de telles négociations communales sensibles se déroulent de préférence à l’abri des regards du public. (fc)
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