L’Iran passe à l’offensive sur le plan militaire en raison de l’impasse dans les négociations sur le détroit d’Ormuz


Principaux renseignements

  • L’Iran met en place une doctrine militaire offensive visant à passer à l’attaque, suite à l’impasse dans les négociations avec les États-Unis.
  • Les escarmouches maritimes dans le détroit d’Ormuz perturbent les flux pétroliers mondiaux.
  • L’impasse diplomatique persiste concernant l’allègement des sanctions et le gel des avoirs nationaux.

Alors que les efforts diplomatiques entre Téhéran et Washington restent dans l’impasse, l’Iran a remanié sa structure militaire afin d’adopter une posture internationale plus proactive. Cette transition vers une « doctrine offensive » a été soulignée par le général Mohammad Reza Naqdi, du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), qui a indiqué que le pays s’éloignait d’une stratégie purement défensive. Il a insisté sur le fait que l’armée se préparait désormais à lancer des frappes à l’intérieur des frontières ennemies dès que l’occasion se présenterait, signalant ainsi qu’elle était prête à faire face à une instabilité régionale à long terme.

Détroit d’Ormuz

Les tensions se concentrent principalement sur le détroit d’Ormuz, une artère maritime vitale. Alors que le président Donald Trump affirme que les États-Unis conservent une autorité totale sur cette voie navigable, l’Iran conteste cette revendication en menant des attaques répétées contre les navires qui y transitent.

Bien qu’un cessez-le-feu temporaire ait été établi en juin, il a été largement rendu caduc par la poursuite des escarmouches navales et des perturbations. Alors que le délai initial de 60 jours prévu pour les négociations touche à sa fin, les perspectives d’une paix durable restent minces, malgré les tentatives de médiation du Qatar et du Pakistan.

À la recherche d’une percée diplomatique

Les voies diplomatiques restent ouvertes mais tendues. Les dirigeants pakistanais ont transmis des messages à l’Iran, le ministre de la Défense Khawaja Asif laissant entendre qu’un accord pourrait être imminent.

Cependant, l’ancienne responsable américaine Wendy Sherman estime qu’une impasse persistera tant que Washington ne sera pas disposé à accorder à l’Iran un allègement significatif des sanctions ou à autoriser le prélèvement de droits de passage volontaires. Elle a laissé entendre que l’Iran était susceptible de conserver le contrôle du détroit dans un avenir prévisible.

Négociations parallèles

Parallèlement, l’Iran mène des pourparlers distincts avec Oman concernant la réouverture partielle du détroit, bien que ces discussions soient indépendantes des négociations de paix plus larges avec les États-Unis. Téhéran a eu recours à des intermédiaires pour exiger que les États-Unis cessent les hostilités et débloquent les avoirs nationaux gelés, un point abordé lors de récentes réunions avec des diplomates chinois.

Impact sur les marchés énergétiques mondiaux

Les tensions géopolitiques continuent d’affecter les marchés énergétiques mondiaux, entraînant une hausse des cours du Brent pendant six jours consécutifs. Bien que le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, indique qu’environ 9 millions de barils de pétrole continuent de transiter quotidiennement par le détroit, cela représente une forte baisse par rapport aux 20 millions de barils enregistrés avant le début du conflit, le 28 février.

Les tensions militaires restent vives, comme en témoigne la récente frappe de missiles menée par la marine américaine contre un navire battant pavillon panaméen soupçonné de tenter de pénétrer dans un port iranien au mépris du blocus. Malgré ces risques, les producteurs d’énergie recourent à des tactiques d’esquive, notamment en désactivant les transpondeurs et en utilisant des « transits en navette » afin d’assurer un flux minimal de pétrole vers le marché mondial. (fc)

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