Principaux renseignements
- Le constructeur indien d’équipements de défense HAL reprend la production du Su-30MKI, avec pour objectif de livrer douze nouveaux appareils d’ici 2029.
- La part de composants locaux atteindra près de 50 pour cent afin de renforcer l’autonomie nationale.
- L’Inde va moderniser sa flotte actuelle et envisage toujours de se doter à l’avenir d’avions furtifs Su-57.
L’usine de Nashik, exploitée par Hindustan Aeronautics Limited (HAL), reprend la production d’avions de combat Su-30MKI. Cela marque le début d’un nouveau chapitre dans un partenariat de licence avec la Russie qui a débuté il y a vingt-cinq ans. Dans le cadre de cet accord actuel, au moins une douzaine d’appareils seront construits. Les premiers exemplaires devraient être prêts au cours du prochain exercice financier. La commande devrait être entièrement honorée d’ici 2029.
À ce jour, l’Inde a fabriqué localement 222 de ces chasseurs, tandis que 50 autres ont été construits en Russie et fournis à l’armée de l’air indienne sous forme d’appareils finis.
Production nationale
On observe une évolution constante vers l’autonomie nationale en matière de maintenance des appareils, d’intégration des armements et d’avionique. La prochaine série d’avions devrait comporter près de 50 pour cent de pièces d’origine locale, ce qui représente un bond notable par rapport aux séries de production précédentes.
Si cette augmentation de la part de contenu local a encouragé le gouvernement à maintenir le programme en raison de ses avantages industriels, les inefficacités de la fabrication locale ont fait grimper les prix, rendant ces avions près de deux fois plus chers que le Su-30SM russe.
Une flotte gigantesque
Malgré ces coûts d’acquisition et d’entretien élevés, le Su-30MKI reste le chasseur le plus nombreux de l’arsenal indien. En effet, si l’on exclut le J-16 chinois, il s’agit de la plus importante acquisition d’un seul type de chasseur de quatrième génération par un État depuis la fin de la Guerre froide.
Bien qu’un contrat portant sur 12 appareils supplémentaires ait été finalisé fin 2024 après avoir été approuvé en 2023, certains experts nationaux suggèrent de commander 70 appareils supplémentaires. Une telle initiative porterait la flotte totale à près de 350 appareils, ce qui contribuerait à pallier les pénuries critiques en matière de capacités de chasse.
« Super Sukhoi »
Parallèlement à la production de nouveaux appareils, l’Inde met en œuvre l’initiative « Super Sukhoi » visant à rénover sa flotte actuelle. Cet effort de modernisation se concentre sur l’installation de capteurs infrarouges avancés, d’outils de guerre électronique et d’une avionique modernisée. L’une des principales priorités est l’installation d’un radar à balayage électronique actif (AESA) de fabrication nationale.
Des discussions sont également en cours concernant l’adoption de moteurs AL-41F-1S — similaires à ceux équipant le Su-30SM — qui permettraient d’améliorer le rendement énergétique, d’étendre l’autonomie de vol et de réduire les coûts de maintenance. De plus, l’intégration de missiles air-air R-77M est envisagée comme une mise à niveau probable.
Transition vers la cinquième génération de chasseurs furtifs
Dans une perspective d’avenir, le ministère indien de la Défense a indiqué début 2026 que les négociations techniques en vue de la production sous licence du Su-57, le successeur de cinquième génération, étaient bien avancées.
Cela suggère que la production actuelle du Su-30MKI pourrait servir de prélude à la modernisation des installations en vue de la fabrication du nouvel avion furtif. La Russie s’est montrée très ouverte à ce partenariat ; mi-2025, elle aurait proposé un accès complet au code source du Su-57, et par la suite, des responsables ont laissé entendre que le projet pourrait déboucher sur une coentreprise à part entière. (fc)
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