Un Su-57 repéré avec un pod externe rare et un armement de missiles


Principaux renseignements

  • La Russie teste une configuration non conventionnelle du Su-57, comprenant des missiles externes et un mystérieux pod de ciblage.
  • L’armement externe réduit la capacité de furtivité, au profit d’une puissance de feu supplémentaire.
  • Les frappes ukrainiennes à longue portée obligent le Kremlin à renforcer ses bases aériennes afin de protéger ces moyens coûteux.

Des images récentes ont révélé que le Su-57, le principal avion de cinquième génération de la Russie, opérait avec un armement air-air non conventionnel. L’appareil a été repéré transportant deux missiles à courte portée R-73/74 à guidage infrarouge sous ses ailes, accompagnés d’un pod de ciblage fixé à la nacelle du moteur gauche qui n’avait jamais été documenté auparavant.

Cette configuration s’écarte de la conception initiale de l’appareil, qui privilégie les soutes d’armes internes afin de maintenir une section efficace radar faible. Cette disposition spécifique pourrait s’inscrire dans le cadre d’essais d’armement ou constituer un moyen d’augmenter l’armement total de l’avion en utilisant des pylônes externes en complément de ses soutes internes.

Attaques menées par l’Ukraine

L’apparition de cette configuration intervient dans le cadre d’une offensive à longue portée de plus en plus intense menée par l’Ukraine. À l’aide de missiles de croisière sophistiqués et de drones kamikazes, Kiev a pris pour cible des sites industriels, des raffineries et des bases aériennes russes situés loin de la zone de conflit.

Un incident notable survenu en juin 2024 aurait vu un Su-57 endommagé à la base d’Akhtubinsk, prouvant que même les moyens les plus coûteux de la Russie sont menacés à l’arrière. En réponse, le Kremlin s’est empressé de construire des hangars renforcés et de renforcer les défenses antiaériennes autour des centres aéronautiques critiques.

Le compromis entre furtivité et puissance de feu

En transportant ses munitions à l’extérieur, le Su-57 sacrifie sa furtivité, ce qui le rend beaucoup plus facile à détecter et à suivre par les capteurs ennemis. En règle générale, l’armée russe ne déploie ces avions en mode furtif que lorsqu’elle pénètre dans l’espace aérien ukrainien fortement défendu.

L’utilisation de nacelles externes et de missiles suggère que ces appareils opèrent actuellement dans des zones plus sûres, potentiellement pour la défense aérienne ou le lancement de missiles de croisière. Le choix de missiles infrarouges plutôt que de versions guidées par radar est particulièrement frappant, laissant entendre que ces avions pourraient être chargés d’intercepter des cibles de faible priorité, telles que des drones.

Ciblage non identifiée

Le pod mystérieux situé sous le moteur pourrait être une version évoluée du système de navigation 101KS-N ou une nouvelle variante spécialement conçue pour l’identification de cibles aériennes. Bien qu’ils soient généralement utilisés pour les attaques au sol, ces pods aident les pilotes à confirmer visuellement la présence de missiles de croisière ou de drones à distance, en complément des capteurs embarqués de l’appareil.

Il est rare qu’un chasseur de cinquième génération ait besoin d’un pod externe pour de telles tâches, car son avionique intégrée est généralement suffisante.

Utilisation en Ukraine

Tout au long de la guerre, le Su-57 a rempli divers rôles, notamment des frappes de précision et la neutralisation des défenses aériennes ennemies. Des rapports des services de renseignement ukrainiens suggèrent que l’ampleur de ces opérations s’est accrue, des formations entières de chasseurs furtifs ayant, selon certaines informations, participé à des frappes dès août 2025.

Malgré ses capacités, cet appareil est une plateforme coûteuse et complexe. Son coût de production est plus de deux fois supérieur à celui du Su-35S et près de trois fois supérieur à celui du Su-30SM. (fc)

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