Les porte-avions américains présentent un inconvénient majeur dans le cadre d’une éventuelle guerre avec la Chine


Principaux renseignements

  • Comme la portée des avions de combat américains est limitée, les porte-avions américains devraient, en cas de conflit avec la Chine, naviguer jusqu’à portée des missiles chinois.
  • De nouveaux avions de combat américains pourraient apporter une solution, mais leur développement avance lentement.
  • Compte tenu de ces dangers, les porte-avions continueront à jouer un rôle important à l’avenir.

La Marine américaine est confrontée à un défi géométrique crucial dans le Pacifique occidental : les capacités des missiles antinavires chinois dépassent désormais la portée opérationnelle des avions embarqués américains.

La puissance d’un porte-avions étant définie par le rayon d’action de son escadre aérienne plutôt que par la mobilité du navire lui-même, celui-ci doit désormais naviguer dangereusement près des côtes ennemies pour placer ses avions à portée de frappe des cibles. Cela oblige le porte-avions à pénétrer dans les « zones de tir » mêmes qu’il était censé éviter.

Défense en plusieurs niveaux de la Chine

Pékin a mis en place une défense en plusieurs couches constituée d’anneaux concentriques de missiles. La couche la plus externe est constituée du DF-27, un véhicule planant hypersonique capable de frapper des cibles dans toute la région indo-pacifique.

Plus près, le DF-26 (le « tueur de Guam ») et le DF-21D, plus éprouvé, constituent des couches supplémentaires de menace. Enfin, une couche de saturation composée de missiles de croisière et d’armes hypersoniques comme le DF-17 est conçue pour submerger les défenses d’escorte du porte-avions par leur volume et leur vitesse.

La course au chasseur de sixième génération

Pour contrer cela, la Marine développe le F/A-XX, un chasseur de sixième génération destiné à étendre le rayon d’action de l’escadre aérienne et à intégrer des drones sans pilote. Cependant, ce programme est en proie à des retards et à des conflits de financement, les attributions de contrats accusant un retard considérable par rapport au calendrier prévu.

Le problème fondamental réside dans une asymétrie économique et technique. Il est nettement moins coûteux et plus rapide pour la Chine d’augmenter la portée d’un missile que pour les États-Unis de concevoir et de construire un nouvel avion piloté à longue portée.

Les porte-avions restent importants

Malgré ces menaces, le porte-avions n’est pas encore obsolète. Toucher avec succès un superporte-avions en mouvement, brouillant ses signaux et se défendant à des distances extrêmes constitue un immense obstacle technique que la Chine n’a pas encore prouvé pouvoir surmonter dans un scénario de combat réel.

De plus, les porte-avions restent des outils d’influence indispensables sur presque tous les autres théâtres d’opérations mondiaux, tels que l’Atlantique ou la Méditerranée.

Nouvelle stratégie

Conscients de la vulnérabilité liée à la concentration de moyens massifs sur une seule coque, les États-Unis s’orientent vers des « opérations maritimes distribuées ». Cette stratégie consiste à répartir les capacités offensives entre un large éventail de sous-marins, de petits navires de surface et de systèmes sans pilote. En dispersant sa puissance de feu, la Marine espère compliquer le ciblage chinois et réduire le risque associé à toute cible unique de grande valeur.

Alors que les États-Unis continuent de construire des superporte-avions de classe Ford, le paysage stratégique dans le Pacifique est en pleine mutation. Le F/A-XX représente le meilleur effort de la Marine pour regagner l’avantage tactique, mais il est en concurrence avec une architecture de missiles qui évolue plus rapidement. La question fondamentale est de savoir si le superporte-avions peut encore remplir sa mission principale dans un conflit entre adversaires de force équivalente, ou si le rapport coût-bénéfice a finalement basculé en faveur du missile.

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

Ajoutez fr.businessam.be en tant que source préférée sur Google
Plus