Principaux renseignements
- Le déficit commercial entre l’Union européenne et la Chine dépasse désormais 1 milliard d’euros par jour.
- La dépendance excessive vis-à-vis des importations chinoises menace la sécurité industrielle de l’Europe.
- Les décideurs politiques envisagent des quotas d’importation pour éviter un effondrement du secteur manufacturier.
Des statistiques récentes révèlent que le déficit commercial entre l’Union européenne et la Chine a atteint le niveau sans précédent de 1 milliard d’euros par jour. Pour le seul mois d’avril, l’écart entre les marchandises importées de Chine et celles exportées vers ce pays s’est élevé à 31,9 milliards d’euros.
Cette forte augmentation du déficit a suscité des inquiétudes quant à la stabilité du cœur industriel de l’Europe, d’autant plus que les dirigeants de l’UE se réunissent pour s’attaquer à ce déséquilibre croissant.
Déséquilibres commerciaux persistants
Selon The Guardian, les analystes du secteur estiment que cette tendance devrait se poursuivre. Rafael Jimenez Buendía, du Mercator Institute for China Studies, a fait remarquer que les expéditions déjà enregistrées par les autorités chinoises mais qui n’ont pas encore été traitées par les douanes de l’UE indiquent que l’important déficit a probablement persisté en mai et en juin.
L’Europe redoute un « choc chinois 2.0 »
La crise a suscité de vives critiques de la part des représentants de l’industrie. Alexander Julius, directeur d’Eurometal, a averti que l’inaction politique permettait à la Chine d’éroder les capacités de fabrication de l’UE. Il a mis en garde contre le fait qu’une dépendance excessive vis-à-vis des importations chinoises confère à Pékin le contrôle sur les prix et la disponibilité de composants essentiels, une vulnérabilité qui pourrait avoir de graves répercussions sur le secteur européen de la défense.
De plus en plus d’observateurs craignent que l’Europe ne subisse un « choc chinois 2.0 », comparable à l’impact qu’a eu, il y a vingt ans, l’adhésion de la Chine à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) sur la « Rust Belt » américaine.
Quotas d’importation
En réponse, le commissaire européen au commerce, Maroš Šefčovič, a souligné la nécessité de corriger ce déséquilibre commercial. Alors que la Commission européenne explore diverses solutions, les droits de douane sont considérés comme politiquement difficiles à mettre en œuvre. Les experts suggèrent plutôt que des quotas d’importation sur les véhicules hybrides et les produits chimiques pourraient constituer une solution plus pratique, d’autant plus que les importations de voitures hybrides ont bondi à la suite de l’instauration de droits de douane sur les véhicules électriques.
La Chine nie bénéficier d’un avantage commercial
Pour sa part, la Chine nie recourir à des subventions d’État déloyales pour obtenir un avantage commercial et soutient qu’il n’a pas cherché intentionnellement à dégager un excédent. Les responsables chinois affirment qu’une grande partie du déficit commercial résulte du fait que des entreprises européennes exploitent des usines en Chine et réexportent leurs produits vers l’UE.
De plus, les médias d’État ont souligné que de nombreuses exportations chinoises sont des composants à bas prix qui profitent en réalité aux fabricants de l’UE. (fc)
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