Principaux renseignements
- La plupart des Belges sont favorables à un impôt sur la fortune pour résorber le déficit budgétaire national.
- Les citoyens rejettent massivement toute augmentation de la TVA.
- Le monde politique lui-même semble moins enclin à taxer les riches.
Les données récentes du sondage Grand Baromètre suggèrent qu’une large majorité de citoyens belges préfère un impôt sur la fortune comme principale méthode pour combler le déficit budgétaire national. Alors que le gouvernement cherche à lever au moins 7 milliards d’euros pour stabiliser les finances, 76 pour cent de la population soutient la mise en place de prélèvements supplémentaires sur les personnes les plus riches.
Résistance politique
Cette préférence s’étend à l’ensemble du spectre politique. Si elle est soutenue avec le plus de vigueur par les électeurs de gauche issus de partis comme le PS, Ecolo et le PTB-PVDA, une majorité surprenante de partisans de groupes de droite, notamment la N-VA et le MR, y est également favorable.
Malgré ce large consensus public, la réalité politique pourrait faire obstacle à une telle politique. Le gouvernement a déjà été confronté à des tensions internes au sujet de l’impôt sur les plus-values, et des personnalités clés, telles que Georges-Louis Bouchez du MR, ont exprimé une forte opposition à l’idée d’imposer davantage les riches.
Opposition à l’augmentation de la TVA
À l’inverse, d’autres stratégies visant à réduire le déficit se heurtent à une forte désapprobation. Environ 71 pour cent de la population rejette l’idée d’augmenter la TVA, un sentiment partagé dans toutes les régions et par toutes les affiliations politiques.
Si la quasi-totalité des électeurs de gauche s’oppose à cette hausse, une grande partie des partisans de la droite et de l’extrême droite y est également opposée. Il est intéressant de noter que seule une fraction divisée des électeurs de la N-VA soutient la position du Premier ministre en faveur de cette mesure.
Autres thèmes
L’opinion publique se montre également réticente à l’idée de réduire les dépenses militaires ou de modifier l’indexation des salaires. La plupart des personnes interrogées, tant en Flandre qu’en Wallonie, soutiennent la poursuite des investissements dans les forces armées, même si les avis divergent quant à savoir si les dépenses doivent encore augmenter ou être plafonnées à 2 pour cent des dépenses publiques.
En outre, l’enquête met en évidence un décalage entre le gouvernement et le public concernant les maladies de longue durée. Plutôt que d’accélérer le retour au travail — une option soutenue par seulement 7 pour cent des personnes interrogées —, les Belges préfèrent un système axé sur le suivi des personnes en arrêt maladie.
Confiance en De Wever
Cette étude, réalisée par Ipsos pour plusieurs grands médias, reflète les opinions de 2 605 adultes à Bruxelles, en Wallonie et en Flandre. Les résultats suggèrent également une baisse de confiance envers le Premier ministre Bart De Wever, la moitié des participants doutant de sa capacité à réduire un déficit qui pourrait atteindre 35,8 milliards d’euros d’ici 2029, en particulier parmi les électeurs de l’opposition et les habitants de Bruxelles et de la Wallonie. (fc)
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