La Belgique est en retard par rapport aux autres pays européens en matière de reconstitution des réserves de gaz


Principaux renseignements

  • La Belgique a pris du retard par rapport aux autres pays européens dans le réapprovisionnement de ses réserves de gaz après l’hiver.
  • Le conflit en cours en Iran met encore plus à mal la sécurité énergétique de l’Europe en perturbant les approvisionnements en GNL.
  • Bien que la Belgique dispose d’une capacité de stockage limitée, son vaste réseau devrait lui permettre d’accéder à des réserves de gaz suffisantes.

La Belgique est le seul pays d’Europe occidentale à ne pas avoir encore commencé à reconstituer ses réserves de gaz après l’hiver. Cela contraste avec la plupart des autres pays européens, qui ont commencé à reconstituer leurs stocks de gaz ce mois-ci.

Reconstitution retardée

Une analyse réalisée par L’Echo, sur la base des données de Gas Infrastructure Europe, révèle que la Belgique, tout comme la République tchèque, la Bulgarie et la Pologne, a enregistré un prélèvement net de gaz naturel sur ses réserves en avril.

Cette tendance est remarquable compte tenu de l’urgence de la reconstitution des stocks, motivée à la fois par la crise énergétique internationale et par la baisse des niveaux de réserves à la fin de l’hiver. Entsog, la fédération européenne des opérateurs de transport de gaz, a appelé à une action immédiate pour remplir les réserves européennes afin d’éviter d’éventuelles pénuries l’hiver prochain.

Impact sur la sécurité énergétique européenne

Le conflit en cours en Iran a perturbé un cinquième des approvisionnements mondiaux en gaz naturel liquéfié (GNL) en raison du blocus du détroit d’Ormuz, ce qui a des répercussions sur la sécurité énergétique de l’Europe. Avec l’arrêt des livraisons de gaz par gazoduc en provenance de Russie, le continent dépend fortement des importations de GNL pour maintenir son approvisionnement.

Les réserves de gaz européennes ont entamé l’hiver avec un taux de remplissage moyen de 28 pour cent, le niveau le plus bas depuis 2022 et inférieur au seuil critique de 30 pour cent. Atteindre ce seuil devient crucial pour garantir un réapprovisionnement en temps voulu avant l’hiver prochain et éviter que la crise énergétique précédente ne se reproduise.

Reconstitution active des stocks à travers l’Europe

Malgré la hausse des prix du gaz causée par la crise au Moyen-Orient et les inquiétudes concernant d’éventuelles difficultés à reconstituer les réserves, la plupart des pays européens reconstituent activement leurs stocks. Des pays comme la France, l’Espagne, l’Italie et les Pays-Bas ont déjà considérablement augmenté leurs niveaux de réserve.

Le seul site de stockage souterrain de gaz de Belgique, situé à Loenhout, est actuellement rempli à 24,1 pour cent, soit légèrement en dessous de la moyenne européenne. Fluxys, l’opérateur du réseau gazier belge, reconnaît le démarrage tardif de la saison de remplissage mais assure qu’il n’y a pas lieu de s’alarmer. L’entreprise souligne que ce sont les négociants privés en gaz, tels qu’ENI et Engie, qui sont chargés de réserver des volumes dans l’installation de stockage souterraine et de déterminer quand les injecter, à condition qu’ils respectent l’obligation européenne de remplissage d’ici le début de l’hiver.

Capacité de stockage limitée de la Belgique

Fluxys souligne que la capacité de stockage relativement limitée de la Belgique permet un réapprovisionnement rapide et prévoit que les injections commenceront bientôt. Le gaz transitant par les gazoducs belges, y compris une quantité record de GNL importée la semaine dernière, est principalement acheminé vers des pays voisins comme l’Allemagne et les Pays-Bas, qui disposent de capacités de stockage plus importantes et doivent se réapprovisionner tôt pour respecter leurs obligations.

Fluxys assure que la capacité de stockage limitée de la Belgique ne constitue pas une menace pour sa sécurité énergétique grâce à son réseau d’approvisionnement bien connecté, comprenant le terminal GNL de Zeebrugge et des raccordements par gazoduc avec la Norvège, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas et le Royaume-Uni. (fc)

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