La Banque centrale de l’Ouganda achète de l’or local pour la première fois


Principaux renseignements

  • La Banque centrale de l’Ouganda a commencé à acheter de l’or extrait localement pour constituer ses réserves de change, diversifiant ainsi ses avoirs et atténuant les risques.
  • Cette initiative s’inscrit dans le contexte d’une forte augmentation des exportations d’or ougandaises, positionnant le pays comme une plaque tournante régionale de la transformation de l’or.
  • En misant sur l’or, l’Ouganda cherche à créer davantage de valeur sur son territoire, à lutter contre la contrebande et à se prémunir contre la volatilité financière.

La banque centrale ougandaise est récemment entrée dans l’histoire en achetant pour la première fois de l’or extrait localement. Cette initiative marque le coup d’envoi d’un programme pilote de trois ans visant à intégrer l’or dans les réserves de change du pays, afin de diversifier ses avoirs et d’atténuer les risques associés aux actifs de réserve traditionnels.

Boom des exportations d’or

Cette initiative coïncide avec un boom des exportations d’or en Ouganda, qui ont dépassé celles du café pour devenir la première source de recettes d’exportation l’année dernière. Le pays a exporté pour 5,8 milliards de dollars d’or, soit une augmentation substantielle par rapport aux 3,3 milliards de dollars enregistrés en 2024. Cette croissance reflète l’émergence de l’Ouganda en tant que plaque tournante régionale pour le traitement et la réexportation de l’or, attirant ainsi des lingots provenant des pays voisins.

En achetant directement de l’or auprès de producteurs nationaux agréés et en collaborant avec des raffineries locales, la Banque d’Ouganda entend capter davantage de valeur au sein du pays, formaliser certaines parties de la chaîne d’approvisionnement en or et réduire la dépendance vis-à-vis des actifs de réserve traditionnels tels que les principales devises et les obligations d’État.

Suivre une tendance

L’Ouganda rejoint un nombre croissant de banques centrales africaines qui considèrent l’or comme un actif stratégique. Le Kenya et la République démocratique du Congo ont également annoncé des plans visant à diversifier leurs réserves avec de l’or, reconnaissant son potentiel en tant qu’actif non corrélé dans une économie mondiale de plus en plus incertaine. Pour l’Ouganda, cette initiative arrive à point nommé alors que le pays se prépare à ses premières exportations de pétrole plus tard dans la décennie, ce qui apportera de nouveaux afflux de devises étrangères mais l’exposera également aux fluctuations des prix des matières premières.

L’intégration d’or physique dans ses réserves offre à l’Ouganda une protection tangible contre la volatilité financière et d’éventuelles sanctions. De plus, le programme vise à professionnaliser le secteur aurifère local en s’associant à des raffineries nationales telles qu’Euro Gold Refinery, afin de s’attaquer aux problèmes de longue date liés à la contrebande et aux pratiques minières informelles.

Un programme pilote

Le volume d’achat initial n’a pas été divulgué, mais il marque une étape importante vers la formalisation du commerce de l’or en Ouganda. Ce programme pilote de trois ans permettra de tester les procédures logistiques, les protocoles d’assurance qualité et les mécanismes de tarification avant toute expansion potentielle. En cas de succès, cette initiative pourrait inciter d’autres banques centrales de marchés émergents disposant d’importantes ressources minérales à suivre cet exemple, renforçant ainsi davantage le rôle de l’or dans les réserves financières mondiales.

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