Les économistes s’attendent à ce que la BCE relève ses taux d’intérêt en juin


Principaux renseignements

  • Les économistes s’attendent à ce que la Banque centrale européenne (BCE) relève ses taux d’intérêt en juin en raison des répercussions du conflit persistant sur l’inflation.
  • Une première baisse des taux d’intérêt est attendue vers la fin de l’année 2027 afin de stimuler la croissance économique.
  • La durée du conflit et le rétablissement de la libre circulation dans le détroit d’Ormuz restent des facteurs cruciaux influençant les décisions de la BCE.

Les économistes prévoient que la Banque centrale européenne (BCE) relèvera ses taux d’intérêt en juin en réponse au conflit en cours. Cette hausse devrait être suivie de baisses de taux au cours des années suivantes afin de préserver la croissance économique. Une enquête Bloomberg révèle que la quasi-totalité des personnes interrogées s’attendent à ce que la BCE maintienne son taux de dépôt à 2 pour cent le 30 avril, mais qu’elle l’augmente d’un quart de point lors de la réunion suivante. Cette hausse serait motivée par de nouvelles projections permettant de mieux cerner les répercussions économiques du conflit.

Baisse future des taux

En outre, la moitié des économistes qui prévoient une hausse en juin anticipent au moins une baisse des taux d’ici fin 2027. L’estimation médiane prévoit un retour du taux de dépôt à 2 pour cent d’ici septembre de cette année-là.

Les responsables de la BCE, à l’instar de l’économiste en chef Philip Lane, reconnaissent la difficulté d’évaluer si la flambée des prix du pétrole et du gaz naturel a significativement modifié les anticipations d’inflation des ménages et des entreprises. Ils soulignent qu’ils surveillent de près ces signaux et s’engagent à prendre des mesures si nécessaire.

La hausse des prix alimente les craintes inflationnistes

Alors que les prix à la consommation ont bondi de 2,6 pour cent en glissement annuel en mars – leur plus forte hausse depuis mi-2024 –, les anticipations de hausse des prix de vente et les craintes inflationnistes sont également en hausse. Malgré la confiance du marché dans le maintien des taux par la BCE la semaine prochaine, celui-ci anticipe toujours deux hausses de 25 points de base cette année.

Certains économistes, comme Dennis Shen de l’International School of Management de l’Université technique de Berlin, estiment qu’une seule hausse des taux suffit. Ils font valoir qu’après les hausses salariales substantielles enregistrées lors de la précédente flambée inflationniste, le seuil d’intervention de la BCE pourrait être plus bas qu’on ne le pense. Cela suggère que même une petite « hausse préventive » peut servir de signal décisif.

Réaction de la BCE face au dépassement de l’inflation

La présidente Christine Lagarde a précédemment déclaré qu’il serait difficile de justifier auprès du public le fait d’ignorer totalement un dépassement de l’inflation.

Des analystes tels qu’Arne Petimezas, d’AFS Interest, estiment que la BCE se sent contrainte de resserrer sa politique monétaire en raison des dommages inflationnistes existants. Ils prévoient que les répercussions économiques, y compris celles du resserrement, se manifesteront progressivement, conduisant finalement à des baisses de taux l’année suivante.

Des prévisions qui s’assombrissent

Les perspectives concernant tant les pressions sur les prix que la croissance économique se sont détériorées depuis que les décideurs ont fixé les coûts d’emprunt en mars dernier. Les économistes s’inquiètent de voir l’inflation dépasser la fourchette cible à moyen terme, près de 90 pour cent d’entre eux anticipant un risque à la hausse par rapport aux projections d’inflation de référence de la BCE, qui sont de 2,6 pour cent pour cette année et de 2 pour cent pour 2027.

La durée du conflit et le rétablissement de la libre circulation dans le détroit d’Ormuz restent des facteurs cruciaux influençant les décisions de la BCE. Une majorité des économistes interrogés s’attend à un accord de paix durable, mais ils prévoient également des répercussions qui dureront six mois ou plus.

Espoirs d’une résolution rapide

Andrzej Szczepaniak, de Nomura, suggère que la BCE espère une résolution rapide du conflit avant la réunion de juin, ce qui permettrait aux prix du pétrole de revenir à leurs niveaux d’avant-guerre et de minimiser l’impact sur l’inflation.

La présidente Lagarde a fait part de son intention d’aller jusqu’au bout de son mandat, qui prend fin en 2027, démentant les rumeurs d’un départ anticipé. Près de 80 pour cent des économistes interrogés partagent cette analyse. (fc)

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