Le taux de natalité russe s’effondre à un niveau historiquement bas


Principaux renseignements

  • Le taux de natalité en Russie a chuté à un niveau historiquement bas, avec une baisse de 38 % depuis le pic atteint en 2014, le plus élevé de l’histoire moderne.
  • Malgré des investissements publics substantiels dans des programmes en faveur de la famille, l’indice synthétique de fécondité de la Russie continue de baisser.
  • L’objectif ambitieux du président Poutine visant à inverser la tendance au déclin démographique reste hors de portée malgré une stratégie démographique « axée sur la famille » et des défis persistants.

La Russie est confrontée à une chute spectaculaire du taux de natalité. Cette situation persiste malgré les efforts répétés du président Vladimir Poutine pour encourager les familles nombreuses. Le déclin démographique reste un défi majeur pour la politique russe.

 Forte baisse

Pour la onzième année consécutive, le nombre de naissances est en baisse. Au premier trimestre 2026, on dénombre environ 272 000 naissances, soit une baisse de 6 pour cent par rapport à l’année dernière. Ce chiffre correspond au nombre de naissances le plus bas depuis le début des années 1800.

Par rapport à 2021, le taux de natalité est en baisse de 12,5 pour cent. Par rapport à l’année record de 2014, la baisse atteint 38 pour cent.

Accès limité aux données

Depuis le printemps 2025, la Russie garde secrets ses chiffres démographiques officiels. Il est donc difficile de suivre avec précision les données relatives aux naissances, aux décès et à la taille de la population.

Les données de 2024 montrent toutefois que le taux de natalité est tombé à 1,222 million. Il s’agit du niveau le plus bas depuis 1999, une année marquée par la crise économique.

Baisse prévue

Les estimations indiquent une nouvelle baisse de 4 pour cent en 2025. Le taux de natalité devrait donc continuer à baisser. Malgré d’importants investissements publics dans les politiques familiales, le taux de fécondité continue de baisser. En 2025, il s’établira à 1,418, soit 20 pour cent de moins qu’il y a dix ans.

Les défis pour inverser la tendance

Le président Poutine souhaite enrayer le déclin démographique. Il s’était fixé cet objectif en 2018, après l’annexion de la Crimée. Mais les résultats se font attendre, malgré un investissement de 4 000 milliards de roubles (52,8 milliards de dollars) dans le projet « Démographie ». Entre 2018 et 2024, la Russie a perdu environ 4 millions d’habitants. Au cours de cette période, le taux de mortalité a dépassé le taux de natalité.

Au cours du sixième mandat de Poutine, le gouvernement a prolongé les objectifs démographiques jusqu’en 2030. Il a également lancé une nouvelle stratégie familiale. Celle-ci vise à porter le taux de fécondité à 1,6 en 2030 et à 1,8 en 2036. Ce sont des niveaux qui n’ont plus été atteints depuis l’ère soviétique. Cette stratégie encourage les familles nombreuses par le biais de la publicité et des médias. L’État décerne également des distinctions aux grands-parents qui ont beaucoup de petits-enfants.

La mise en œuvre de cette politique reste difficile. Certains fonctionnaires chargés des questions démographiques font l’objet de poursuites. Le directeur d’un institut chargé d’augmenter le taux de natalité a été arrêté, soupçonné de fraude. Il n’aurait pas atteint les objectifs fixés. (rd)(fc)

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